Fatwâ : Regrouper les prières pour les étudiants [Awqaf — EAU]

Question :

Je suis un étudiant en Amérique et durant certaines périodes de mes études je suis loin de ma maison par exemple je suis à la bibliothèque ou des fois je suis à des conférences tout ceci durant le temps des prières. M’est-il autorisé de regrouper les prières ?

Texte de réponse

Numéro de la fatwâ : 92773; 17 juillet 2018.

Les louanges sont à Allāh, Seigneur des mondes et que la prière et le salut soient sur le meilleur des envoyés, notre maître Muhammad ainsi que sur sa famille et ses compagnons. Pour commencer :

Que la bénédiction d’Allāh soit sur vous et qu’Il vous facilite dans l’optique de la réussite.

Nous allons détailler la question afin que la réponse soit claire par la permission d’Allāh.

Premièrement : L’étudiant ou l’étudiante séjourne à un endroit plus de 4 jours devient résident et il n’est pas permis à ce dernier de raccourcir ou de regrouper les prières. En effet, le regroupement est uniquement possible pour le voyageur ce qui n’est pas le cas de l’étudiant résidant. Allāh a dit dans le Coran : { La prière demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés.} [S.4/V.103] C’est pour cela que pour l’étudiant auquel la prière se présente à lui, il doit craindre la fin du temps de cette prière. La prière n’est demandé que durant un certain laps de temps unique tandis que l’on sort pour effectuer certaines tâches alors que la prière possède bien plus d’importance et de droit [que n’importe quelle autre tâche].

Il est valable de l’effectuer dans n’importe quel droit et ne nécessite pas d’endroit spécifique si ce n’est que la seule chose nécessaire est la pureté de l’endroit. On se limitera alors à accomplir ce qui est obligatoire.

Deuxièmement : S’il ne peut pas effectuer la prière à temps en raison de ses horaires de cours et des dates des conférences, ce qu’il fera – et autant que nécessaire – compte tenu de la nécessité mentionnée, il regroupera en apparence les prières. Le regroupement en apparence se fait comme suivant :

On prie le Ẓuhr par exemple à la fin de son temps et le ʿAṣr au début de son temps et on procèdera de même pour le Maghrib et le ʿIshā’. Ainsi, on ne fait pas sortir les prières de leur temps et les nécessités sont prises en compte.

L’érudit al-Kharashī le Malikite a dit : « Et pour celui en bonne santé résidant s’il regroupe entre le Ẓuhr et le ʿAṣr d’un regroupement apparent … cela lui est permis car il ne fait sortir aucune prière de leur temps. Plus encore, les deux sont effectués dans leur temps si ce n’est qu’on rate le mérite de prier au début du temps. Cela est différent du voyageur et de celui qui possède une excuse qui eux ne manquent pas le mérite de ce temps. »

Troisièmement : Si l’on ne peut pas effectuer la prière dans son temps et cela même si l’on effectue un regroupement apparent, il n’y aura pas de mal à faire un véritable regroupement entre le Ẓuhr et le ʿAṣr et entre le Maghrib et le ʿIshā’ dans le temps d’une d’entre les deux pour une raison. Ceci, même si le regroupement est fait de manière avancée [i.e : les deux dans le temps de la première] ou retardée [i.e : les deux dans le temps de la seconde] si ce n’est qu’on ne raccourcira pas et qu’on priera la prière de manière complète en la faisant succéder de l’autre en raison d’une nécessité.

S’il est possible de regrouper dans le temps de la seconde prière alors cela est mieux et plus prudent. Cependant, ce regroupement doit être effectuée en raison d’une nécessité très importante comme explicité précédemment.

Ibn Baṭṭāl a dit dans son commentaire de l’authentique de Bukhārī après avoir mentionné le récit d’Ibn ʿAbbās  :

« Le Messager d’Allāh () a regroupé entre le Ẓuhr et le ʿAṣr ainsi qu’entre le Maghrib et le ʿIshā’ a Médine, sans crainte ni pluie. »

Ibn Baṭṭāl dit : « Il y a dedans l’autorisation du regroupement entre deux prière lorsqu’on est résident même s’il n’y a pas de pluie. Certains d’entre les savants ont autorisés cela si c’est pour une raison qui le rendrait embarrassé vis-a-vis de son compagnon et mettrait en colère ce dernier. Ibn Sirīn a dit : « Il n’y a pas de mal a regrouper entre deux prières en étant résident si c’est pour un besoin ou quelque chose qui n’est pas habituel. » Rabīʿah b. ʿAbd al-Raḥmān a également permis cela.

Ashhab a dit dans « al-Majmūʿah » : « Il n’y a pas de mal a regrouper entre deux prière en étant résident même s’il n’y a pas de pluie et qu’on n’est pas malade même si la prière au début de son temps est préférable. » [Fin de citation d’Ibn Baṭṭāl]

Et Allāh sait mieux.

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