L’office du Vendredi [1/3] [‘Izziyya]

Extrait du commentaire d’Abī al-Azharī sur la « Muqaddima al-‘Izziyyah » :

« [Chapitre concernant] les règles relatives à la la prière (du vendredi.) Son statut juridique est (une obligation individuelle (farḍ ‘ayn)) à toute personne responsable légalement (mukallaf) de condition libre.

(Et) il est (obligatoire d’y assister pour celui [dont la mosquée est] éloignée (al-ba‘īd)) de son lieu de résidence — serait-ce de six milles (~10km) — à condition  qu’elle [la mosquée] soit dans sa ville. Il incombe donc à ce dernier d’y assister (avant l’appel de sorte qu’il ne manque pas) la prière exclusivement mais cela uniquement lorsqu’il sait que le nombre requis pour [l’office] du vendredi est assuré sans lui. Sinon, [il partira] de sorte qu’il ne manque ni le prêche (al-khuṭbah) ni la prière quand il sait que le nombre requis n’est atteint qu’avec sa présence.

(Et) il est obligatoire d’y assister pour (celui [dont la mosquée est] à proximité) de son lieu de résidence que lorsque (le soleil décline (al-zawwāl) [du milieu du ciel, c’est-à-dire le après le Zénith] et avant l’appel [à la prière] (al-adhān) ) selon un deuxième avis, quand l’imām sera assis sur le minbar. Ce moment étant celui où l’exercice, entre autres, du commerce devient interdit et où tout marché doit être résilié quand il aura été conclu entre deux individus, dont l’un ou les deux sont concernés par l’obligation de l’office du vendredi.


(Sept conditions la rendent obligatoire) à savoir qu’il existe des conditions d’obligation et de validité.

Les conditions d’obligation sont celles qui rendent l’office du vendredi obligatoire et elles sont au nombre de sept. Ce sont les conditions qui en font une obligation. L’assujetti n’a donc pas à les réaliser ces conditions. Ce sont les circonstances et les états de l’individu par lesquels l’office du vendredi lui incombe comme obligation, tel que la puberté. Par exemple, l’enfant avant la puberté est déchargé de l’obligation de l’office du vendredi. Mais une fois qu’il devient pubère, l’obligation de l’office du vendredi lui incombera.

Quant aux conditions d’accomplissement ou de validité, ce sont celles requises pour l’acquittement de cette obligation et qu’il incombe au responsable légalement (mukallaf) d’acquérir ou de réaliser.

  1. La première obligation parmi les conditions d’obligation est (la première : être responsable légalement (mukallaf). Elle n’est donc pas obligatoire pour l’enfant impubère ni pour le fou et leurs semblables) comme l’inconscient ou l’évanoui.
  2. La condition (deuxième : être de condition libre. Elle n’est donc pas obligatoire pour l’esclave) à part entière (‘abd kāmil). (Et) similairement (elle n’est pas) obligatoire pour (celui dont la condition de liberté est entachée de vice) comme l’affranchi contractuel (mukātab), l’affranchi à titre posthume (mudabbar) [qui devient libre après la mort de son maître], l’affranchi partiellement (mu‘taq ba‘ḍuh) [qui est a moitié libre et a moitié esclave] et l’affranchi qui a la promesse d’être affranchi à une certaine époque (mu‘taq li-ajal). Chacun de ceux-ci étant occupé au service de leur maître. (Cependant, il est préférable pour ces derniers et pour les enfants d’y assister.)

    Ceux qui ne sont pas dans l’obligation d’y participer et qui y assistent quand même sont dispensés d’accomplir [la prière] du uhr sauf s’ils font partie de la catégorie sur laquelle il y a divergence sur la recommandation d’assister [à l’office du Vendredi]. Certains d’entre eux doivent nécessairement obtenir l’autorisation [de leurs maîtres] pour assister à l’office du vendredi, tandis que d’autres non. Ainsi, il est catégoriquement recommandé à l’affranchi contractuel (mukātab) d’y assister. Pour l’esclave né à la maison de parents esclaves (qinn) et pour l’affranchi à titre posthume (mudabbar), l’autorisation du maître est nécessaire. Quant à l’affranchi partiel (muba‘aḍ), il doit nécessairement avoir l’autorisation de son maître quand il coïncide avec un jour de service et n’a pas besoin de son autorisation quand il n’est pas de service pendant le jour en question.

  3. La condition (troisième : être de sexe masculin. Elle n’est donc pas obligatoire pour la femme) plutôt il sera interdit d’y assister pour la jeune femme susceptible de créer une tentation (fitnah) [en la regardant]. Si elle n’est pas propre à créer une tentation, ce sera alors simplement répréhensible. Quant aux femmes âgées qui ne suscitent plus le désir des hommes, il leur est autorisé d’y assister [sans que ce soit répréhensible].
  4. La condition (quatrième : être sédentaire. Elle n’est donc pas obligatoire pour le voyageur à moins qu’il formule l’intention de passer un séjour de quatre jours [complet ou plus].) Dans ce dernier cas, il lui incombera [d’y participer] au même tire que les habitants du lieu où il se trouve en voyage. Mais on ne doit le compter pour compléter le nombre requis pour la tenue de l’office du Vendredi. Si ce nombre requis n’est complet qu’en le comptant lui-même, l’office du vendredi sera invalide.
  5. La condition (cinquième : être résident dans la région de façon permanente.) Ainsi, quand le fidèle habite à une distance équivalant à un farsakh (10,000 ou 12,000 coudées ~ 3.75km ou 4km) de l’agglomération dans laquelle est célébré l’office du Vendredi, celui-ci lui incombe comme obligation seulement, sans qu’il soit compté dans le nombre requis pour la tenue de l’office.Mais quand il est résident permanent dans l’agglomération même où l’office est célébré, la résidence devient une condition à la fois d’obligation et de validité […]. La résidence dans l’agglomération où est célébré l’office, est effectivement condition d’obligation et de validité tel que l’affirme al-Laqqānī qui dit en somme :

    « La résidence dans le sens d’intention d’habiter dans un lieu de façon permanente est une condition de validité. Alors qu’habiter effectivement ce lieu constitue une condition d’obligation. Ainsi, la résidence permanente est une double condition, du fait de l’intention du séjour permanent et du séjour effectif. Alors que la résidence ou séjour non permanent est uniquement condition d’obligation« 

  6. La condition (sixième : La proximité de sorte qu’on ne soit pas distant du temps de celle-ci [l’office du vendredi]) i.e. : ne pas se trouver plus loin (d’une distance de plus de trois milles (~3.75 -4 km)) et un quart ou un tiers de mille [de la mosquée] de l’agglomération où se tient l’office du vendredi au moment de celle-ci qui est en fait celui du deuxième appel (adhān).
    (Cette distance est équivalente à la portée d’une voix aiguë par un temps sans vents, sans bruits et que le muezzin est doué d’une voix puissante.) Par conséquent, celui qui entend l’appel à la prière alors qu’il se trouve à trois mille et un quart ou un tiers, doit obligatoirement rejoindre [la mosquée] du moment qu’il suppose pouvoir rattraper une unité [de la prière].

    (Et les trois milles) — pour celui qui est en dehors de la ville où s’effectue l’office du vendredi — (commencent à partir du minaret) et cela est l’avis le plus fort (rājiḥ). (On a dit qu’ils commençaient à partir des frontières de la ville) et c’est un avis faible (ḍa‘īf).

    (Le mille, selon l’avis prépondérant (mashhūr), vaut deux milles coudées) et mille coudée selon l’avis opposé à l’avis prépondérant (mashhūr). Selon certains autres avis, le mille vaut trois mille cinq cents coudées, ou encore douze mille pas, le pas valant trois pieds (1 pied ~ 30 cm).

    (La détermination de cette distance susmentionnée) et d’où commence le mille (concerne particulièrement celui qui habite hors de la ville où est célébré l’office du vendredi. Quant à celui qui habite à l’intérieur, l’office du vendredi lui est obligatoire, même s’il se trouve à six milles de la mosquée.) L’auteur mentionne ces précisions pour compléter les cinquième et sixième conditions. Car il a déjà expliqué au début de ce chapitre que celui qui habite à l’intérieur est tenu obligatoirement de se rendre à l’office, même s’il se trouve à plus de six milles de la mosquée.

  7. La condition (septième : être en bonne santé. Elle n’est donc pas obligatoire pour le malade) incapable de s’y rendre. (Mais s’il recouvre la santé avant l’appel pré-oratoire) de la prière, (elle lui incombera) quand il a la possibilité de faire la purification rituelle et de rattraper au moins une unité. De même, [elle deviendra obligatoire] à tous ceux dont l’empêchement légal cesse avant l’appel pré-oratoire. Partant, de là, si un esclave est affranchi avant l’appel pré-oratoire de la prière du vendredi, celle-ci lui incombera comme obligation, même s’il avait déjà accompli le uhr du fait de sa condition d’esclave auparavant. Elle incombe également au voyageur qui rentre de voyage et à l’enfant qui devient pubère avant l’appel pré-oratoire.

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