Définition et conditions du tayammum [Akhdarî]

Définition et conditions du tayammum

Note de lecture : Le texte originel d’Al-Akhḍarî est entre les symboles ﴾ ﴿ et le commentaire en dehors de ces derniers.

L’ablution sèche (al-tayammum) est une purification à sec au moyen des matières naturelles du sol (al-ṣaʿīd) qui consiste à essuyer le visage et les mains en formulant l’intention. Le motif de sa prescription est de permettre de faire la prière en son temps. L’ablution sèche (tayammum) constitue l’une des spécificités de notre communauté au même titre que la prière funéraire, le partage du butin, le legs testamentaire du tiers des biens et la prière en tout endroit quand son temps arrive etc.

﴾ وَيَتَيَمَّمُ الْمُسَافِرُ فِي غَيْرِ مَعْصِيَةٍ ﴿

﴾ Le voyageur (al-musāfir) fera l’ablution sèche (tayammum) ﴿ lorsque ce recours est justifié ; ﴾ à condition que﴿  son voyage ﴾ ne soit pas interdit ﴿ mais l’avis en vigueur stipule que le fait qu’il fasse un voyage interdit ou non n’a pas d’incidence sur la permission de l’ablution sèche (tayammum). Cela contrairement au fait de rompre le jeûne durant le mois de ramadan en voyage qui n’est autorisé que quand celui-ci est licite [1].

﴾ وَالْمَرِيضُ لِفَرِيضَةٍ أَوْ نَافِلَةٍ ﴿

﴾ Et ﴿ il est permis ﴾ au malade (al-marīḍ) qui veut s’acquitter d’une prière obligatoire ou surérogatoire ﴿ de recourir à l’ablution sèche (tayammum) y compris pour celle du vendredi, les prières sunna, la raghība du fajr et les prières simplement surérogatoires [2].

﴾ وَيَتَيَمَّمُ الْحَاضِرُ الصَّحِيحُ لِلْفَرَائِضِ إِذَا خَافَ خُرُوجَ وَقْتِهَا ﴿

﴾ Et ﴿ il est permis ﴾ au résident (al-ḥāḍir) bien portant de faire l’ablution sèche (tayammum) pour les ﴿ prières ﴾ obligatoires s’il craint ﴿ qu’en faisant l’ablution ou le bain rituel, il sorte de son temps ﴿ i.e. du temps de la prière. Cela même si c’est le temps préférentiel (mukhtār) d’après l’avis en vigueur. Ainsi, un résidant (al-ḥāḍir) bien portant pourra effectuer l’ablution sèche (tayammum) s’il craint de manière certaine ou quasiment certaine, qu’en faisant ses ablutions à l’eau, le temps de la prière s’écoule c’est-à-dire qu’il ne sera pas capable d’effectuer une unité dans le temps de la prière.

Il pourra ainsi le faire uniquement pour la prière obligatoire et non pour celle surérogatoire qui n’est pas reliée à une prière obligatoire comme la prière mortuaire ou la prière de l’éclipse par exemple. Mais il pourra prier une sunna lorsqu’elle est conjointe à une prière obligatoire comme la prière surérogatoire du Fajr et du Witr sans toutefois tarder à l’exécuter.

Le manque d’eau étant également une raison valable pour effectuer l’ablution sèche (tayammum), il est permis pour le résidant (al-ḥāḍir) qui ne trouve pas d’eau après une recherche de trente (30) mn à la ronde d’effectuer l’ablution sèche (tayammum) [3].

﴾ وَلا يَتَيَمَّمُ الْحَاضِرُ الصَّحِيحُ لِنَافِلَةٍ وَلا جُمُعَةٍ ﴿

Néanmoins, ﴾ le résidant (al-ḥāḍir) bien portant ne fera pas l’ablution sèche (tayammum) pour une ﴿ prière ﴾ surérogatoire ni pour celle du Vendredi ﴿ à la condition qu’il ne craigne pas d’effectuer le Ẓuhr en son temps s’il doit faire l’ablution à l’eau. Si le temps de la prière du Vendredi survient mais qu’il n’a pas d’eau, tout en sachant qu’il en trouvera dans le temps du Ẓuhr, il délaissera la prière du Vendredi et fera le Ẓuhr avec l’ablution à l’eau. Ainsi, s’il est certain de ne pas trouver d’eau, il fera l’ablution sèche (tayammum) et priera la prière du Vendredi selon l’avis prépondérant.

﴾ وَلا جِنَازَةٍ إِلا إِذَا تَعَيَّنَتْ عَلَيْهِ الْجَنَازَةُ ﴿

Et ﴾ il ﴿ i.e. : le résidant (al-ḥāḍir) bien portant ne fera pas ﴿ non plus l’ablution sèche (tayammum) pour la prière ﴾ mortuaire (janāzah) sauf s’il lui incombe ﴿ d’effectuer la prière ﴾ mortuaire (al-janāzah) ﴿ i.e. qu’il sera le seul à pouvoir effectuer la prière sur le mort car la prière mortuaire (al-janāzah) est une obligation communautaire et non individuelle.

En conclusion, les motifs qui justifient le recours à l’ablution sèche (tayammum) sont :

  • La peur quasi-certaine que l’utilisation d’eau rendra malade, aggravera une maladie ou retardera la guérison. Ce n’est donc pas par simple supposition mais bien par l’expérience personnelle équivalant à la certitude ou par l’avis d’un médecin. Ainsi, on ne tient pas compte du simple doute ou de l’illusion. On rappelle les différents cas du chapitre précédent :
    1. Si on a une blessure mais que l’on peut laver autour et essuyer par-dessus celle-ci alors on fera les ablutions ou le bain rituel normalement et on essuyera le membre blessé. Si on procède à l’ablution sèche (tayammum) alors qu’on peut essuyer le membre, celle-ci ne sera pas valide.
    2. Si on estime d’une manière quasi-certaine qu’essuyer par-dessus la blessure aggravera ou délayera la guérison ; alors on essuyera par-dessus un pansement. Si on procède à l’ablution sèche (tayammum) alors qu’on peut essuyer par-dessus un pansement, celle-ci ne sera pas valide
    3. Si on ne peut pas faire cela, on essuyera par-dessus la bande fixant le pansement et on réiterera cette opération autant de fois nécessaire. Si on procède à l’ablution sèche (tayammum) alors qu’on peut essuyer par-dessus la bande fixant le pansement, celle-ci ne sera pas valide.
    4. Et seulement si ce dernier cas n’est pas possible, alors on pourra faire l’ablution sèche (tayammum).
  • L’absence d’eau ou la quantité non-suffisante d’eau pour se purifier. Dans ce cas, on devra analyser la situation. Si on peut acheter (tant que le prix n’est pas excessivement élevé), emprûnter, ou se procurer de l’eau par quelconque autre moyen légal, on le fera et on s’ablutionnera normalement. En somme, on fera tout ce qui est possible pour trouver de l’eau dans un rayon de 1.6 km soit trente (30) minutes de marche approximativement.
  • Lorsque le temps nécessaire pour faire l’ablution ou le bain rituel implique la sortie du temps de la prière.

Et celui qui a recourt à l’ablution sèche (tayammum) se divise en trois (3) cas :

  • Celui qui est quasiment certain de trouver de l’eau dans le temps de la prière attendra la fin du temps préférentiel (mukthār) pour faire l’ablution sèche.
  • Celui qui ne sait pas si oui ou non il trouvera de l’eau, attendra le milieu du temps de la prière.
  • Celui qui désespère de trouver de l’eau, fera l’ablution sèche (tayammum) et la prière au début du temps de cette dernière.

[1] mais si vous êtes malades, ou en voyage, ou si l’un de vous revient du lieu ou s’ il a fait ses besoins ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d’eau, alors recourez à la terre pure, passez-en sur vos visages et vos mains. ﴿ [S. 5/V.6]

[2] Voir note précédente.

[3] D’après ʿImrān ibn Ḥussayn (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) vit un homme assis seul [durant un voyage] n’ayant pas prié avec les gens. Il lui demanda : « Ô untel ! Qu’est-ce qui t’a empêché de prier avec les gens ? » Il répondit : « Ô Messager d’Allāh ! J’étais en état d’impureté majeure et il n’y avait pas d’eau. » Il répondit : « Il y avait pour toi le sol, certes cela est suffisant pour toi. » [Rapporté par Bukhārī, n°348]

D’après Abū Dharr (رضي الله عنه)  : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « Le sol pur est la purification (ou dans une autre version : l’ablution) du musulman même s’il ne trouve pas d’eau pendant dix années. Ainsi, s’il trouve de l’eau qu’il l’utilise (l’eau) car cela est meilleur. » [Rapporté par Tirmidhī, n°124 qui l’authentifia]

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