Le Jeûne [1/3] [Ibn ‘Âshir]

LE JEÛNE [1/3]

Extrait de « Ḥabl al-matīn » de Muḥammad al-Marākshī qui est un commentaire du poème d’Ibn ‘Āshir. Les titres ont été volontairement ajoutés pour faciliter la lecture :

  • Introduction

Le jeûne du [mois] de Ramaḍān a été prescrit durant la deuxième année de l’Hégire durant deux dernières nuits du [mois] de Sha‘bān. Ainsi, celui qui nie cela devient mécréant (kāfir) tandis que celui qui atteste son obligation mais s’abstient de jeûner mérite d’être corrigé s’il l’expose [en public] tandis que s’il n’est venu demander qu’une réponse juridique, il ne mérite pas cela. Il y a divergence sur la mécréance de celui qui s’abstient de jeûner.

  • Les conditions du jeûne

Ensuite, sache que ceux pour qui le jeûne du [mois] de Ramaḍān est obligatoire sont tout ceux responsable légalement (mukallaf) [et pubère. Voir Ḥāshiyyah al-Ṣāwī (1/681)] homme ou femme, libre ou esclave, le résident et le voyageur qui en sont capable excepté ce dernier dont le voyage est permis et permet de raccourcir [la prière. Dans ce cas, le jeûne ne lui sera pas obligatoire mais apprécié { Mais il est mieux pour vous de jeûner } [S.2/V.184] Voir également Ḥāshiyyah al-Ṣāwī (1/691)].

  • Définition linguistique et juridique

Le jeûne (ṣawm) signifie linguistiquement : l’abstention totale.

Dans la législation, c’est le fait de s’abstenir du plaisir du ventre, de l’organe génital et des choses qui procurent la même chose durant le jour tout entier dans l’intention de se rapprocher [d’Allāh]. Le nez, les oreilles et les yeux sont assimilés à la bouche dans la fonction d’acheminer toute matière à l’estomac ou à la gorge qui représente une cause de rupture [du jeûne].

  • Le jeûne volontaire

Il est apprécié de jeûner les mois de Rajab et de Sha‘bân. [Tout le mois avec une divergence sur le mois de Rajab, certains considèrent que les ḥadīths sur la question ne sont pas authentique et ne le recommandent pas. Avis cité par al-Ḥaṭṭab qui le rapporte d’Ibn Ḥajar].

Il est aussi apprécié de jeûner les neufs premiers jours du mois de Dhū al-Hijjah et plus particulièrement le dernier qui est le jour de ‘Arafah [pour celui qui n’est pas en pèlerinage. Pour lui, ce sera répréhensible. Voir Ḥāshiyyah al-Ṣāwī (1/691)] .

Egalement le jour de l’Abreuvement (al-tarwiyah) qui est le huitième jour de Dhū al-Ḥijjah.

Aussi est-il apprécié de jeûner le mois de Muḥarram et plus particulièrement le dixième jour qui est le jour de ‘Āshūrā’ [et on recommande aussi le neuvième jour­].

[Il est apprécié de jeûner trois jours durant chaque mois. Il est répréhensible d’allouer les trois jours blancs qui sont le 13, 14 et 15 du mois pour cela. Voir Ḥāshiyyah al-Ṣāwī (1/692).]

  • L’établissement du mois de ramadân

On établit l’entrée du mois de Ramaḍān par deux choses :

  1. La première est la vision du croissant de lune (hilāl) c’est-à-dire la vision par deux personnes probes (‘adilayn) de condition libre et masculine sans que l’un d’entre eux ne soit le gouverneur (ḥākim). Cela peut également se faire par la vision d’un groupe comportant de nombreuses personnes.
  2. Quand [à la deuxième façon,] c’est le fait de compléter le mois de Sha‘bān par trente jour lorsqu’un temps couvert ne permet pas de distinguer le croissant de lune (hilāl).Au matin [suivant] la nuit est [ce qu’on appelle] : « jour du doute » (yawm al-shakk) et il est demandé de s’abstenir (imsāk) [de manger, boire etc.] en attendant les informations provenant des voyageurs ou autres. Si, durant la journée, [le début du mois Ramaḍān] est confirmé, l’abstention (imsāk) devient obligatoire. Et vu qu’on a rompu [soit car on ne s’est pas abstenu, soit parce que on n’a pas eu l’intention de jeûner car on était incertain du début du mois], il est obligatoire de rattraper [ce jour de jeûne] par manque d’intention certaine [qui est obligatoire durant la nuit du premier jour du mois de Ramaḍān].

    S’il ne s’est pas abstenu et a rompu [il y a deux possibilités] :

    1. S’il a interprété qu’il était possible de rompre [car n’étant pas dans le mois de Ramaḍān], alors il n’y aura pas d’expiation (kaffārah) pour lui.
    2. S’il n’a pas interprété [et qu’il s’agit effectivement de la première journée du mois de Ramaḍān], alors l’avis prépondérant (mashhūr) est qu’il y aura une expiation (kaffārah).
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