Les menstrues [Akhdarî]

Les menstrues (al-hayd)

Le deuxième cas qui implique le bain rituel (ghusl) sont les mentrues (al-ḥayḍ). C’est l’état dans lequel le sang sort du sexe d’une femme pouvant être habituellemet enceinte. D’après l’avis prépondérant, il est possible pour d’être menstruées à partir de neuf (9) jusqu’à cinquante (50) ans. Ce chapitre incombe aussi bien aux femmes qu’aux hommes car ces derniers auront forcément dans leur entourage une sœur, une mère, une fille à laquelle il apprendra ces règles, étant obligatoire pour chaque homme d’enseigner les obligations individuelles à ces derniers. Similairement, si un musulman est marié avec une femme non-musulmane parmi les gens du Livre, il sera obligatoire à l’épouse de laver éntièrement son corps après les menstrues avant d’avoir des relations avec son époux.

Notons également que la Législation Divine peut considérer une femme en état de menstrues alors qu’un gynécologiste non et inversement.

  ﴾ وَالنِّسَاءُ مُبْتَدَأَةٌ وَمُعْتَادَةٌ وَحَامِلٌ ﴿

﴾ Les femmes ﴿ se divisent en trois catégories :

  ﴾ مُبْتَدَأَةٌ ﴿    

  1. Celle qui a des écoulements pour la toute première fois qu’on apelle : la ﴾ débutante (mubtada’a). ﴿ Celle qui rentrera dans cette catégorie utilisera ce jugement rendu qu’une seule et unique fois car ensuite elle devra suivre le jugement de la deuxième catégorie.

﴾ وَمُعْتَادَةٌ ﴿

  1. Celle qui les a régulièrement : ﴾ l’habituée (mu’tāda) ﴿ : c’est donc celle qui est déjà passée par la première catégorie.

﴾ وَحَامِلٌ ﴿

  1. Celle qui est ﴾ enceinte (hāmil) ﴿ car dans l’école, les pertes de sang durant la grossesse sont considérées comme menstrues. Il y a donc un jugement spécifique pour cette catégorie.

Concernant la première catégorie :

﴾ وَأَكْثَرُ الْحَيْضِ لَلْمُبْتَدَأَة خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا ﴿

 ﴾ La durée maximale des menstrues de la débutante (mubtadi’a) est de quinze (15) jours ﴿ et dès lors que les écoulements s’estompent, elle sera devenue pubère, fera le bain rituel (ghusl) et les obligations individuelles lui incomberont.

Si la durée va au-delà de quinze (15) jours on ne considèrera plus les écoulements comme des menstrues mais comme une maladie. Elle devra alors effectuer le bain rituel (ghusl) et les obligations individuelles lui incomberont également.

Pour la deuxième catégorie :

﴾ وَلِلْمُعْتَادَةِ عَادَتُهَا فَإِنْ تَمَادَى بِهَا الدَّمُ زَادَتْ ثَلاثَةَ أَيَّامٍ مَا لَمْ تُجَاوِزْ خَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا ﴿

 ﴾ L’habituée (muʿtāda) se référera à son cycle référent ﴿ qui est en fait le cycle le plus long et non pas le plus fréquent. ﴾ Si les écoulements persistent, elle ajoutera trois jours ﴿ à ce cycle qui sont les jours dits « d’observations » ﴾ sans dépasser quinze (15) jours. ﴿ Au-delà de cette durée, les écoulements seront considérés comme du sang de métrorragie et non de menstrue.

Si elle a la première fois trois jours de règles, puis cinq la deuxième fois, puis trois la troisième fois, la durée de référence pour la quatrième fois sera cinq jours, car c’est la plus longue, même si c’est la moins fréquente.

Si le sang continue à couler la quatrième fois après cinq jours, elle ajoutera les trois jours de supplément à sa période de référence qui est cinq jours, la durée totale des règles sera alors huit jours ; puis elle se lavera, même si le sang continue à couler, car c’est un sang de métrorragie et non de règles.

Si le sang continue à couler la cinquième fois après huit jours, elle observera sa nouvelle période de référence qui est huit jours, puis y ajoutera les trois jours de supplément, ce qui fera un total de onze jours. Le sang coulant ensuite sera considéré comme métrorragie. Si le sang continue à couler la sixième fois, elle observera sa nouvelle période de référence qui est onze jours, puis ajoutera les trois jours de supplément.

Si la septième fois le sang continue à couler après onze jours, elle observera sa nouvelle période de référence qui est quatorze jours, et n’ajoutera qu’un seul jour de supplément, atteignant ainsi le maximum de la durée des règles qui est de quinze jours, et le sang coulant après cela sera métrorragie. Et cette durée sera sa nouvelle période de référence pour les règles à venir, elle n’y ajoutera donc pas de supplément [1].

Il y a trois périodes pour la troisième catégorie :

  1. Avant que le troisième mois de grossesse ne soit entamé : elle se comportera comme la deuxième catégorie de femme selon l’avis en rigueur.

﴾ وَلِلْحَامِلِ بَعْدَ ثَلاثَةِ أَشْهُرٍخَمْسَةَ عَشَرَ يَوْمًا وَنَحْوُهَا ﴿

  1. La femme enceinte après le troisième mois ﴿ : et cela après être rentrée dans le troisième mois et non après la fin du troisième mois. La durée maximale des menstrues dans ce cas ﴾ est de quinze (15) jours approximativement ﴿ et donc avant quinze (15) jours, les écoulements seront considérés comme des menstrues et au-delà, comme une maladie.

﴾ وَبَعْدَ سِتَّةِ أَشْهُرٍ عِشْرُونَ وَنَحْوُهَا ﴿

  1. Et après six mois ﴿ : la durée maximale sera ﴾ de vingt (20) jours approximativement ﴿ et donc avant vingt (20) jours, cela est considéré comme des menstrues, au-delà comme une maladie.

﴾ فَإِنْ تَقَطَّعَ الدَّمُ لَفَّقَتْ أَيَّامَهُ حَتَّى تُكَمِّلَ عَادَتَهَا ﴿

﴾ Si l’écoulement est intermittent alors elle ajoutera les jours effectifs de menstrues jusqu’à ce qu’elle complète son cycle référent. ﴿ Donc s’il y a des écoulements interrompus (ex : un jour, puis s’arrête durant un jour, puis reprend deux jours etc.) alors elle ajoutera les jours successifs où il y a écoulements jusqu’à ce qu’elle atteigne son cycle référent selon la catégorie à laquelle elle appartient [2].


Les interdits concernant les règles

﴾ وَلا يَحِلُّ لِلْحَائِضِ صَلاةٌ وَلا صَوْمٌ وَلا طَوَافٌ وَلا مَسُّ مُصْحَفٍ ﴿

﴾ Et il n’est pas permis à celle en menstrue de prier, de jeûner, de faire les circubambulations (tawāf), de toucher le mushaf ﴿ qui est le Coran uniquement en arabe, en partie ou en totalité si elle n’est pas enseignante ni n’apprend avec celui-ci. Le livre comportant le Coran en arabe avec quelque chose d’autre (traduction, exégèse en arabe etc…) ne rentre pas dans cette interdiction[3].

﴾ وَلا دُخُولُ مَسْجِدٍ ﴿

Enfin, il lui est interdit ﴾ d’entrer dans une mosquée. ﴿ [4]

﴾ وَعَلَيْهَا قَضَاءُ الصَّوْمِ دُونَ الصَّلاةِ ﴿

Après le mois de Ramadān ﴾ elle sera tenue de rattraper les jours de jeûne obligatoire qu’elle a manqués mais ﴿ elle ne rattrapera ﴾ pas les prières ﴿ manquées durant le mois de Ramadān ou en dehors [5].

﴾ وَقِرَاءَتُهَا جَائِزَةٌ ﴿

Durant les menstrues ﴾ la récitation ﴿ le Coran ﴾ lui est autorisée [6]. ﴿

﴾ وَلا يَحِلُّ لِزَوْجِهَا فَرْجُهَا وَلا مَا بَيْنَ سُرَّتِهَا وَرُكْبَتَيْهَا حَتَّى تَغْتَسِلَ ﴿

﴾ Et son vagin n’est pas permis à son mari. Et ﴿ il est interdit pour son mari de jouir de ﴾ce qui est entre son nombril et ses genoux avant qu’elle ne fasse son bain rituel ﴿ si c’est par contact direct et même à travers un vêtement d’après l’avis en vigueur [7].

Il est également interdit de répudier sa femme durant ses menstrues [8].


[1] D’après Umm Salamah (رضي الله عنها) qui interrogea le Messager d’Allāh (ﷺ) concernant une femme qui saignait profusément. Il (ﷺ) a dit « Elle observera le nombre de nuits et de jours pendant lesquels elle avait l’habitude d’avoir ses menstrues avant que cela ne survienne, et, elle délaissera la prière de cette durée durant le mois. Lorsque ces jours seront complétés, elle se lavera entièrement, se couvrira avec un habit et priera. » [Rapporté dans le Muwattā’]

[2] D’après ʿA’isha (رضي الله عنها) qui a dit qu’une femme enceinte voyant du sang délaissa la prière. [Rapporté dans le Muwattā’]

D’après l’Imām Mālik (رضي الله عنه) qui interrogea Ibn Shihāb (رضي الله عنه) concernant une femme enceinte qui vit du sang. Ce dernier dit: « Elle arrête la prière (durant ce temps). » Et Yah rapporte que Mālik a dit : « C’est cela la pratique chez nous (chez les savants de Médine). » [Rapporté dans le Muwattā’]

[3] D’après Abū Saʿīd (رضي الله عنه) : Le Prophète (ﷺ) a dit : « N’est-il pas vrai que lors des menstrues, (la femme) ne prie pas et ne jeûne pas ? » [Rapporté par Bukhārī, n° 1951]

D’après Ibn ʿAbbās (رضي الله عنه) : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Les circucambulations autour de la Maison (d’Allāh) sont comme la prière excepté qu’on y parle en les faisant. Ainsi que celui qui parle ne dise rien si ce n’est du bien.  » [Rapporté par Tirmidhī, n°960]

Dans une lettre que le Messager d’Allāh (ﷺ) envoya à ʿAmr ibn Hazm, il écrivit : « On ne doit pas toucher le Coran sauf si on est pur. » [Rapporté dans le Muwattā’]

[4] D’après ʿA’isha (رضي الله عنها) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « (…) Je ne rends pas permis (l’entrée dans) la mosquée à celle qui a ses menstrues et à celui qui est en état d’impureté majeure (junub)» [Rapporté par Abū Dāwud, n°232]

[5] D’après Muʿadhah qui demanda à ʿA’isha (رضي الله عنها) : « Quelle est la raison pour laquelle on complète les jours de jeûne manqués durant les menstrues mais pas les prières ? » ʿA’isha (رضي الله عنها) répondit : « Es-tu une Harūriyyah ? » J’ai répondu « Non je ne suis pas une Harūriyyah mais je demande juste. » Elle (ʿA’isha) répondit : « Nous traversions cela (la période de menstrues) et nous étions ordonnées de rattraper le jeûne mais pas la prière. »  » [Rapporté par Muslim, n°335 c]

[6] Ibrāhīm an-Najaʿī (رضي الله عنه) a dit : « Il n’y a pas de mal à réciter des versets pour celle qui est en état de menstrues. » [Rapporté par Bukhārī]

[7] Eloignez-vous donc des femmes pendant les menstrues, et ne les approchez (sexuellement) que quand elles sont pures. ﴿ [S. 2/V.222]

D’après l’Imām Mālik (رضي الله عنه) qui relate que Sālim ibn ʿAbdallāh et Sulaymān ibn Yasār  furent interrogés : le mari peut-il avoir des rapports sexuels avec sa femme lorsqu’elle constate qu’elle est pure ou bien après le bain rituel (ghusl) ? Ils répondirent : « Pas avant qu’elle ait fait le bain rituel. » [Rapporté dans le Muwattā’]

[8] ʿAbdullāh ibn ʿUmar (رضي الله عنه) répudia sa femme alors qu’elle avait ses menstrues. ʿUmar (son père) demanda au Messager d’Allāh (ﷺ) concernant cela et il (ﷺ) répondit : « Ordonne-lui de reprendre sa femme jusqu’à ce qu’elle soit pure, qu’elle ait ses menstrues pour une seconde fois et qu’elle devienne à nouveau pure. Puis qu’il la répudie après cela ou qu’il la garde. » [Rapporté par Bukhārī, n°1471 i]

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