Les actes obligatoires de l’ablution [Akhdarî]

Les actes obligatoires (al-farâ’id) 

Note de lecture : Le texte originel d’Al-Akhḍarî est entre les symboles  ﴿ et le commentaire en dehors de ces derniers.

﴾ فَرَائِضُ الْوُضُوءِ سَبْعٌ ﴿

Afin de purifier l’état d’impureté immatériel (ḥadath), on fera l’ablution. ﴾ Les obligations de l’ablution (al-wuḍū’) ﴿ sont au nombre de ﴾ sept. ﴿ 

﴾ اَلنِّيَّةُ ﴿

La première : ﴾ L’intention (al-niyyah) ﴿ dès qu’on commence le lavage du visage. L’intention, c’est le fait d’être conscient de l’action que l’on effectue.

Ainsi, on émet l’intention intérieurement dans notre cœur, l’intention étant d’avoir conscience de l’acte que l’on effectue. Elle ne se prononce pas, et n’est pas une phrase que l’on formule intérieurement. L’intention est donc de soit :

  1. Accomplir l’obligation de l’ablution comme c’est le cas pour la prière.
  2. Retirer l’état d’impureté immatérielle (adath)
  3. Se rendre permis ce qui est interdit en état d’impureté immatérielle comme le fait de toucher le Coran dans le simple but de le lire.

Le mieux est de réunir les trois intentions simultanément, mais on peut se limiter à une ou deux sans aucun problème. Ainsi, si l’on fait l’ablution pour prier le Ẓuhr, on pourra alors toucher l’exemplaire du Coran en arabe intégralement avec celles-ci ; réciproquement, si l’on fait l’ablution pour toucher l’exemplaire du Coran en arabe intégralement, on pourra alors prier avec celle-ci.

En conclusion, si l’on n’a pas d’intention, comme dans le cas où on se rafraichirait tous les membres sans pourtant vouloir faire l’ablution, l’ablution ne sera en aucun cas valide [1].

﴾ وَغَسْلُ الْوَجْهِ ﴿

La deuxième : ﴾ Le lavage du visage ﴿ une seule fois dans sa totalité depuis la naissance des cheveux sur le front jusqu’à la barbe pour celui qui en a et jusqu’au menton comprenant la mâchoire autrement. Et du tragus [2] à celui opposé. Notons par soucis de précision qu’il est nécessaire de laver seulement une partie et non la totalité du tragus [3].

On veillera obligatoirement à laver l’extérieur des lèvres qui consiste en la partie apparente à la fin de la prononciation de la lettre « m », les plis entre les rides et le cartilage qui sépare les deux narines.

Pour celui qui a une barbe légère c’est-à-dire celle qui laisse transparaître la peau, on devra obligatoirement faire parvenir l’eau sur la peau. Quant à celui qui possède une barbe fournie, il devra simplement laver les bouts des poils de la barbe jusqu’à leurs extrémités et il lui sera répréhensible (makrūh) de faire parvenir l’eau à la peau [4].

Concernant le fait de savoir s’il est obligatoire ou non de renouveler le lavage de l’endroit où la barbe fut rasée ou rendue courte, selon al-Ajhurī l’opinion la plus forte est de ne pas le renouveler.

﴾ وَغَسْلُ الْيَدَيْنِ إِلَى الْمِرْفَقَيْنِ ﴿

La troisième : ﴾ Laver les mains jusqu’aux coudes ﴿ inclus une seule fois. On doit laver les mains, entre les doigts, les bras jusqu’aux coudes y compris. Il ne sera pas suffisant de laver les mains seulement au début de l’ablution ; cela car c’est un acte sunna et ne remplace point l’obligation du lavage de la totalité des bras des mains jusqu’aux coudes y compris. De même, il ne suffira pas de faire uniquement parvenir de l’eau entre les doigts mais il est obligatoire de frotter entre les doigts avec la main [5].

Concernant le port de la bague, il n’est pas obligatoire de l’enlever qu’elle soit facile ou difficile à retirer à l’unique condition que son port soit autorisé selon la législation. Pour l’homme, on parle donc d’une bague en argent d’un poids de moins de deux dirham d’argent (environ 5,9g d’argent pur) donc toute autre bague devra être enlevée ou déplacée pour effectuer le frottement sur la peau. Il n’est pas permis d’avoir plusieurs bagues pour un homme. Il est interdit pour les femmes de porter une bague en fer mais elle peut porter une bague en or.

﴾ وَمَسْحُ الرَّأْسِ ﴿

La quatrième : ﴾ L’essuyage (masḥ) ﴿ en passant les mains mouillées, sur la totalité ﴾ de la tête ﴿ i.e ce qui se trouve entre l’os temporal jusqu’à la fin des cheveux (l’occiput) en comprenant ce qui se trouve derrière les oreilles (mais qui ne fait pas parti de l’oreille). Pour procéder ainsi, il est plus pratique de poser les pouces sur les tempes.

Il n’est pas valable de n’essuyer qu’une partie de la tête d’après l’avis prépondérant (mashhūr) et il faudra bien faire attention à essuyer la totalité de la chevelure arrière et avant si on a les cheveux longs.

Seul l’essuyage de la tête une seule fois est obligatoire, tandis que le retour des mains mouillées sur la tête constitue une sunna [6].

Il est déconseillé (makrūh) d’essuyer le cou et les poils qui s’y trouvent.

Si la femme a une tresse ou une queue de cheval, elle pourra essuyer sa tresse tant que sa tresse ne contient pas plus de deux fils.

﴾ وَغَسْلُ الرِّجْلَيْنِ إِلَى الْكَعْبَيْنِ ﴿

La cinquième : ﴾ Le lavage des pieds jusqu’aux chevilles ﴿ incluses une seule fois. Le lavage entre les orteils n’est pas obligatoire mais est un acte appréciable ; cela particulièrement dans l’ablution car dans le bain rituel, cela est obligatoire selon l’avis prévalant [7]. Cependant, notons qu’il est obligatoire que l’eau parvienne entre les orteils.

﴾ وَالدَّلْكُ ﴿

La sixième : Le frottement (al-dalk) ﴿ des membres avec la paume de la main en versant de l’eau ou après l’avoir versé. La définition du frottement des membres diffère selon si l’on se trouve dans l’ablution ou dans le bain rituel. Dans l’ablution il doit se faire obligatoirement avec la paume de la main (les doigts étant compris). Ainsi, il ne sera pas valable de faire frictionner l’eau avec le bord de la main quand on peut le faire avec la paume, ou de faire simplement couler de l’eau sur les membres [8].

﴾ وَالْفَوْرُ ﴿

La septième : L’enchaînement successif (al-fawr) ﴿ des actes obligatoires sans interruption prolongée. L’interruption prolongée se définit comme étant un intervalle de temps nécessaire à l’eau pour sécher dans des conditions climatiques normales. Ainsi, dans un contexte où le climat n’est pas normal (trop froid ou trop chaud), on ne prendra en compte que le temps écoulé , et non le phénomène d’assèchement à proprement parler.


[1] D’après ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb (رضي الله عنه) : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Les actes ne valent que par leur intention. Ainsi chaque personne recevra la récompense de ce qu’il avait l’intention de faire. » [Rapporté par Muslim, n°1907 a et Bukhārī, n°1]

[2] Tragus : partie de l’oreille qui, lorsqu’on appuie dessus, recouvre le canal auditif.

[3] Ô les croyants ! Lorsque vous vous levez pour la prière, lavez vos visages et vos mains jusqu’aux coudes ; passez les mains mouillées sur vos têtes ; et lavez-vous les pieds jusqu’aux chevilles. ﴿ [S. 5/V.6]

[4] Voir « al-Mudawannah al-Kubrā ».

[5] Voir note n° 3.

[6] Voir note précédente.

[7] Voir note précédente.

[8] D’après ʿAbdallāh ibn Zayd (رضي الله عنه) :  « Lorsque le Prophète (ﷺ) faisait l’ablution il faisait ainsi et il frottait (dalk) (ses membres). » [Rapporté par Aḥmad, n°16006]

Publicités