Les actes sunna de l’ablution [Akhdarî]

Les actes sunna

Note de lecture : Le texte originel d’Al-Akhdarî est entre les symboles ﴾ ﴿ et le commentaire en dehors de ces derniers.

  ﴾ وَسُنَنُهُ ﴿

﴾ Ses sunnan ﴿ sont au nombre de sept (7). Un acte sunna est un acte sur lequel le Législateur a insisté quant à sa recommandation (donc plus fortement que sur un acte simplement appréciable (mandūb)). Son délaissement volontaire est répréhensible (makrūh) mais n’influe pas sur la validité de l’ablution.

﴾ غَسْلُ الْيَدَيْنِ إِلَى الْكُوعَيْنِ عِنْدَ الشُّرُوعِ ﴿

Le premier : ﴾ Le lavage des deux mains jusqu’aux poignets dès le début ﴿ avant de les introduire dans le récipient où l’on puise l’eau. Le lavage par trois (3) fois des mains est l’accomplissement de la sunna.

Il est appréciable d’avoir une intention spécifique à cette sunna et de laver chaque main séparement trois fois (laver trois fois la main droite puis trois fois la main gauche) [1].

﴾ وَالْمَضْمَضَةُ ﴿

Le deuxième : ﴾ Le rinçage (al-madmada) ﴿ de la bouche. Seul le premier lavage permet d’accomplir la sunna ; le deuxième et troisième lavage sont appréciables (mandūb).

Le rinçage (al-madmada) c’est faire pénétrer l’eau dans la bouche et l’y remuer énergétiquement pour ensuite la recracher. Est contraire à la sunna et donc répréhensible (makrūh) d’avaler l’eau ou d’ouvrir la bouche pour laisser couler l’eau sans l’expulser avec force. Expulser l’eau avec force fait donc partie de la sunna.

On signalera que le jeûneur ne devra pas excéder dans cet acte, ceci par risque d’avaler l’eau ou de faire parvenir celle-ci au fond de la gorge [2].

﴾ وَالاسْتِنْشَاقُ ﴿

Le troisième : ﴾ L’aspiration (al-istinshāq) ﴿ de l’eau par le nez pour nettoyer les fosses nasales. La sunna réside dans le premier lavage. Le deuxième et troisième lavage sont appréciables [3].

On signalera que le jeûneur devra éviter de le faire avec force au risque de faire pénétrer l’eau dans les voies respiratoires.

﴾ وَالاسْتِنْثَارُ ﴿

Le quatrième : ﴾ L’expiration (al-istinthār) ﴿ de l’eau du nez avec force. Si on laisse couler l’eau des narines sans l’expirer avec force, la sunna ne sera pas accomplie et cela est répréhensible (makrūh). On accompagnera cette expulsion d’une pression avec la main gauche selon l’avis prépondérant [4].

﴾ وَرَدُّ مَسْحِ الرَّأْسِ ﴿

Le cinquième : ﴾ L’essuyage (mash) retour ﴿ d’arrière en avant des mains mouillées ﴾ sur la tête. ﴿ Cette réitération est requise quand les mains sont encore humides, sinon cette sunna n’aura plus lieu d’être [5].

﴾ وَمَسْحُ اَلأُذُنَيْنِ وَتَجْدِيدُ الْمَاءِ لَهُمَا ﴿

Le sixième : ﴾ L’essuyage des oreilles avec une nouvelle prise d’eau pour cela ﴿ et ici l’auteur ne sépare pas les deux actes alors que selon l’avis prépondérant il y a deux sunna voir trois bien distinctes :

  • ﴾ L’essuyage des oreilles ﴿ qui forme la première sunna [6]. C’est-à-dire passer les mains mouillées sur l’extérieur des oreilles (le côté postérieur du pavillon auriculaire) et l’intérieur du côté qui se trouve sur le visage. Pour ce faire, on introduira chaque index dans un trou de l’oreille et on passera les deux pouces sur les lobes auriculaires.
  • Faire pivoter les index pendant qu’on effectue la première sunna.
  • ﴾ Avec une nouvelle prise d’eau pour cela ﴿ qui forme la troisième (ou deuxième) Si après avoir essuyé la tête, les mains sont encore mouillées, alors on pourra s’en passer même si cela reste quand même une sunna d’après l’avis prépondérant (mashhūr) [7].

﴾ وَالتَّرْتِيبُ بَيْنَ الْفَرَائِضِ ﴿

Le septième : ﴾ Le respect de l’ordre entre les obligations ﴿ et d’où, si l’on vient à faire les actes obligatoires dans le désordre, il sera recommandé de les refaire pour se conformer à la tradition prophétique. Aller à l’encontre de cet ordre est répréhensible (makrūh). On part du visage, puis des mains jusqu’aux coudes, puis la tête et enfin les pieds [8].


[1] D’après Abū Hurayra (رضي الله عنه) : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Lorsque l’un d’entre vous se réveille, qu’il ne mette pas ses mains dans un récipient avant de les avoir lavées trois fois car il ne sait pas où ses mains se trouvaient durant la nuit. » [Rapporté par Muslim, n°278 a]

[2] D’après ʿAmr b. ʿAbasah (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « Aucun d’entre vous n’utilise de l’eau pour les ablutions, gargarise sa bouche, aspire de l’eau et l’expire avec le nez sans que les péchés de son visage, de sa bouche et de ses narines ne tombent.  » [Rapporté par Muslim, n°832]

[3] Voir note précédente.

[4] Voir note précédente.

[5] D’après ʿAmr b. Yah (رضي الله عنه) qui montra comment le Messager d’Allāh (ﷺ) faisait ses ablutions lorsqu’il fut demandé de le faire. (…) Puis il essuya sa tête avec ses deux mains en commençant du début de son front en allant jusqu’à sa nuque, puis il les ramena en arrière là où il les avait placées initialement et il lava ensuite  ses pieds. [Rapporté dans le Muwattā’]

[6] D’après Ibn ʿAbbās (رضي الله عنه) qui a dit : « Le Prophète (ﷺ) essuyait sa tête et ses oreilles : l’extérieur et l’intérieur de ces dernières. » [Rapporté par Tirmidhī, n°36 qui l’authentifia]

[7] D’après ʿAbdallāh ibn Zayd (رضي الله عنه) qui a dit : « Le Prophète (ﷺ) essuyait ses oreilles avec une eau diférente de celle qu’il utilisait pour essuyer sa tête. » [Rapporté et authentifié par al-Hākim et al-Bayhaqī]

[8]D’après Jābir ibn ʿAbdallāh (رضي الله عنه) :  Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « Commençons par quoi Allāh a commencé. » [Rapporté par Tirmidhī, n°2967 qui l’authentifia]

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