Les oublis dans l’ablution [Akhdarî]

Les oublis 

Note de lecture : Le texte originel d’Al-Akhdarî est entre les symboles ﴾ ﴿ et le commentaire en dehors de ces derniers.

﴾ وَمَنْ نَسِيَ فَرْضًا مِنْ أَعْضَائِهِ فَإِنْ تَذَكَّرَهُ بِالْقُرْبِ فَعَلَهُ وَمَا بَعْدَهُ ﴿

﴾ Celui qui oublie un membre obligatoire ﴿ de l’ablution devra obligatoirement le refaire. Cela est vrai pour tous les actes obligatoires sauf l’intention qui, omise volontairement ou involontairement, entraine l’invalidité des ablutions et donc l’obligation de tout recommencer.

Donc, ﴾ s’il s’en rappelle après un temps court ﴿ i.e : sans interruption prolongée. Celle-ci se définit comme étant un intervalle de temps nécessaire à l’eau pour sécher dans des conditions climatiques normales. Celui qui s’en rappelle donc dans un temps court ﴾ devra ﴿ obligatoirement ﴾ le refaire ﴿ i.e : laver le membre oublié et il lui sera recommandé de le laver avec les membres ﴾ qui suivent ﴿ pour respecter la sunna qui consiste à effectuer les obligations dans l’ordre. [1]

﴾ وَإِنْ طَالَ فَعَلَهُ وَحْدَهُ وَأَعَادَ مَا صَلَّى قَبْلَهُ ﴿

﴾ Et si ﴿ il ne s’en souvient que après ﴾ un temps long ﴿ i.e. après une longue interrumption, ﴾ il ne refera que celui-ci uniquement ﴿ de manière obligatoire et il ne lui sera pas recommandé de laver les membres qui suivent en plus de celui-ci. ﴾ Et il refera ﴿ obligatoirement ﴾ ce qu’il a prié auparavant ﴿ i.e : les prières obligatoires qu’il a effectuées avec ces ablutions incomplètes dû à l’oubli d’un membre obligatoire et cela que le temps de la prière soit passé ou non [2].

﴾ وَإِنْ تَرَكَ سُنَّةً فَعَلَهَا ﴿

Tandis que ﴾ celui qui délaisse une sunna la refera ﴿ pour les prochaines prières, uniquement quand cet acte n’a pas de substituant. Ainsi, si l’acte a un substituant, il ne sera plus demandé de refaire cette sunna.

Ex : Si on oubli de se laver les mains au début avant de prendre l’eau dans un récipient, on ne le refera pas ou du moins il n’est pas recommandé de le refaire car le lavage obligatoire des bras et des mains remplace cela. Il n’est pas recommandé de refaire un acte sunna lorsque cet acquittement contient un acte déconseillé. C’est le cas par exemple si on essuie les oreilles en omettant de prendre une nouvelle prise d’eau pour ce faire et qu’on les essuie avec l’eau qu’on a utilisé pour essuyer la barbe.

﴾ وَلا يُعِيدُ الصَّلاةَ ﴿

Et il ne refera pas la prière ﴿ qu’il a faite avec des ablutions où il a délaissé une sunna involontairement car sa prière sera valide [3].

Si par contre il délaisse volontairement une sunna durant les ablutions, en plus qu’il soit fortement recommandé (sunnah) de refaire le membre comme expliqué précédemment, il sera appréciable de refaire la prière dans son temps y compris le temps impérieux (darūrī) selon l’avis en vigueur.

﴾ وَمَنْ نَسِيَ لُمْعَةً غَسَلَهَا وَحْدَهَا بِنِيَّةٍ ﴿

﴾ Et celui qui ﴿ au cours de l’ablution ﴾ oublie de laver une partie d’un membre ﴿ obligatoire ﴾ doit ﴿ obligatoirement ﴾ la laver seule ﴿ i.e la partie oubliée ﴾ avec l’intention (niyyah) ﴿ de compléter ainsi l’ablution[4].

﴾ وَإِنْ صَلَّى قَبْلَ ذَلِكَ أَعَادَ ﴿

﴾ Et celui qui prie avant cela ﴿ i.e avant de laver la partie oubliée du membre obligatoire ﴾ devra refaire ﴿ sa prière car ses ablutions sont invalides du fait de ne pas avoir laver tout le membre [5].

﴾ وَمَنْ تَذَكَّرَ الْمَضْمَضَةَ وَالاسْتِنْشَاقَ بَعْدَ أَنْ شَرَعَ فِي الْوَجْهِ فَلا يَرْجِعُ إِلَيْهِمَا حَتَّى يُتِمَّ وُضُوءَهُ ﴿

﴾ Celui qui se souvient ﴿ avoir oublié ﴾ le rinçage (al-madmada) ﴿ de la bouche ﴾ ou l’aspiration par le nez (al-instinshāq) après avoir entammer ﴿ le lavage ﴾ du visage, ne reviendra pas pour effectuer cela tant qu’il n’a pas fini ses ablutions ﴿ car délaisser une sunna est répréhensible (makrūh) alors que délaisser une obligation est interdit (harām). Donc, si on oublie une sunna comme rinçer sa bouche etc. puis qu’on effectue l’obligation qui suit, on ne retournera pas de cette obligation à cette sunna.


[1] D’après ʿUmar ibn al-Khattāb (رضي الله عنه) : Un homme fit ses ablutions et oublia (de laver) une petite partie équivalante à l’espace d’un ongle. Le Messager d’Allāh (ﷺ) vit cela et dit : « Retourne parfaire tes ablutions. » [Rapporté par Muslim, n°243]

[2] D’après Sālim ibn ʿAbdallāh (رضي الله عنه) : J’étais avec ʿAbdallāh ibn ʿUmar durant un voyage et après que le soleil e soit levé je l’ai vu faire les ablutions et prier. Je lui ai alors dit « Ce n’est pas une prière que tu fais habituellement. » Il dit : « Après que j’ai fait les ablutions pour la prière du Subh j’ai touché mes parties génitales. Puis j’ai oublié de faire mes ablutions. Alors je les aient refaites et j’ai refait ma prière. » [Rapporté dans le Muwattā]

D’après certains compagnons : « Le Prophète (ﷺ) vit un homme en prière alors qu’il y avait sur son pied un espace équivalant à la taille d’un dirham qui n’avait pas été lavé ; que l’eau n’a pas atteint. Le Prophète (ﷺ) ordonna alors de refaire les ablutions et la prière. » [Rapporté par Abū Dāwud, n°175 et Ahmad ibn Hanbal qualifia ce récit de fort]

[3] D’après Rifāʿah ibn Rāfiʿ (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « La prière d’aucun d’entre vous n’est complète tant qu’il ne fait pas complètement ses ablutions comme l’a ordonné Allāh. On doit ainsi laver le visage, les bras jusqu’aux coudes, essuyer la tête et (laver) les pieds jusqu’aux chevilles puis prononcer le takbīr (…) » [Rapporté par Abū Dāwud, n°858 et authentifié par Al-Hākim]

[4] Voir note n° 1.

[5] Voir note n° 1.

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