Temps des prières obligatoires [Akhdarî]

Les temps des prières obligatoires

[PDF résumé : Temps des prières]

Note de lecture : Le texte originel d’Al-Akhḍarī est entre les symboles ﴾ ﴿ et le commentaire en dehors de ces derniers.

Le premier chapitre de la prière comporte les temps des prières. Aujourd’hui, beaucoup de musulmans ne savent pas à quel moment débutent et finissent les différents temps de chaque prière alors qu’Allāh a dit :

Car la prière demeure, pour les croyants, une prescription, à des temps déterminés.  ﴿ [S. 4/V.103]

La connaissance des temps des prières est une obligation individuelle pour chaque résponsable légalement (mukallaf). Cela signifie qu’il n’est pas permis d’entrer en prière sans être certain que son temps soit entré [1].

Il faut donc savoir qu’il existe deux temps pour chaque prière.

Le premier, est le temps préférentiel (mukhtār) qui est celui dans lequel on est contraint d’effectuer la prière à moins que l’on ait une excuse acceptable dans la Loi et ces excuses sont : le sommeil, la folie, l’évanouissement, la cessation des menstrues ou des lochies. Il n’y aura donc pas de péché et il est libre à chacun de faire la prière au début, au milieu ou à la fin de ce temps ; mais il est toujours préférable de prier au début [2].

Le second, est le temps impérieux (ḍarūrī) venant après le temps préférentiel et est le temps dans lequel on ne commet pas de péché à prier si l’on a une excuse valable dans la Loi.

Pour que l’on considère comme effectué dans son temps (préférentiel ou impérieux), il suffit qu’une unité de prière ait été faite dans ce temps là (préférentiel ou impérieux)[3]. La prière effectuée dans ces deux temps est dite « faite en son temps (adā’) », cependant si on prie volontairement sans excuse valable dans le Loi dans le temps impérieux (arūrī) cela est un péché mineur d’après l’avis prépondérant. Néanmoins, si on prie en dehors du temps impérieux (arūrī) on commettra un grand péché et la prière sera considérée comme : « en dehors de son temps (qaḍā’) ».

﴾ اَلْوَقْتُ الْمُخْتَارُ لِلظُّهْرِ مِنْ زَوَالِ الشَّمْسِ إِلَى آخَرَ الْقَامَةِ ﴿

﴾ Le temps préférentiel (mukhtār) de ﴿ la prière duẒuhr commence au Zénith (zawāl) ﴿ qui est le midi solaire vers l’ouest c’est-à-dire le moment où le soleil est le plus haut dans le ciel et commence à décliner. ﴾ Et ﴿ son temps préférentiel ﴾ s’étend jusqu’au Qāmah ﴿ i.e. : jusqu’à ce que l’ombre de chaque objet devienne égale à celui-ci sans prendre en compte dans la mesure, l’ombre éventuellement présente lors du midi solaire. C’est également le début du temps préférentiel (mukhtār) du ʿAṣr [4].

﴾ وَالْمُخْتَارُ لِلْعَصْرِ مِنْ الْقَامَةِ إِلَى الِاصْفِرَارِ ﴿

﴾ Le temps préférentiel (mukhtār) du ʿAṣr commence du Qāmah et va jusqu’à l’iṣfirār ﴿ i.e. : le jaunissement de la couleur de la terre, des murs, dû à la baisse du soleil et non le jaunissement du soleil en lui-même. C’est également le moment où l’on peut observer le soleil sans peine. Ce phénomène survient généralement dans l’heure qui précède le coucher du soleil.

﴾ وَضَرُورِيُّهُمَا إِلَى الْغُرُوبِ ﴿

﴾ Le temps impérieux (arūrī) ﴿ qui est le second temps et dans lequel on ne priera que si l’on a une excuse valable dans la loi ﴾ de ces deux ﴿ prières : celle du Ẓuhr et du ʿAṣr ﴾ va jusqu’au coucher (al-ghurūb) ﴿ du soleil [5].

﴾ وَالْمُخْتَارُ لِلْمَغْرِبِ: قَدْرُ مَا تُصَلَّى فِيهِ بَعْدَ شُرُوطِهَا ﴿

﴾ Le temps préférentiel (mukhtār) du Maghrib ﴿ n’est pas conditionné par un phénomène mais équivaut au temps ﴾ qu’il faut pour remplir les conditions préalables à celle-ci ﴿ qui sont : lever l’état d’impureté immatérielle (ḥadath) et matérielle (khabath), couvrir la ʿawra (la partie du corps à cacher), s’orienter vers la Qibla, faire l’appel à la prière (adhān), l’appel pré-oratoire (iqāma) et les trois unités de prière. Les juristes estiment entre vingt (20) et trente minutes (30) pour cela [6]. C’est cela l’avis prépondérant, mais il existe également un avis fort dans l’école — c’est l’avis choisi par al-Bājī — qui stipule que le temps préférentiel de la prière du Maghrib s’étend jusqu’au ʿIshā’ [7].

﴾ وَالْمُخْتَارُ لِلْعَشَاءِ مِنْ مَغِيبِ الشَّفَقِ إِلَى ثُلُثِ اللَّيْلِ الأَوَّلِ ﴿

﴾ Le temps préférentiel (mukhtār) de ﴿ la prière du ﴾ ʿIshā’ commence à la disparition des lueurs rouges (shafaq) et se prolonge jusqu’au premier tiers de la nuit. ﴿ Pour calculer le premier tiers de la nuit, on ajoutera à l’heure du Maghrib la différence de temps entre celle-ci et le Ṣubḥ divisée par trois [8]. C’est cela l’avis prépondérant, mais il existe également un avis fort dans l’école, stipulant que son temps se prolonge jusqu’au milieu de la nuit [9].

﴾ وَضَرُورِيُّهُمَا إِلَى طُلُوعِ اَلْفَجْرِ ﴿

﴾ Et le temps impérieux (arūrī) de ces deux ﴿ prière : celle du Maghrib et du ʿIshā’ ﴾ va jusqu’au lever de l’aube (fajr). ﴿

﴾ وَالْمُخْتَارُ لِلصُّبْحِ مِنَ الْفَجْرِ إِلَى الإِسْفَارِ الأَعْلَى وَضَرُورِيُّهُ إِلَى طُلُوعِ الشَّمْسِ ﴿

﴾ Le temps préférentiel (mukhtār) du Ṣubḥ commence au lever de l’aube (fajr) et va jusqu’à l’aurore (isfār al-aʿ) ﴿ qui marquera le début du temps impérieux [10]. Cet évènement se produit généralement dans l’heure qui précède le lever du soleil. ﴾ Son temps impérieux va jusqu’au lever du soleil ﴿ et c’est ce qu’on appelle le shuruq [11].

﴾ وَالْقَضَاءُ فِي الْجَمِيعِ مَا وَرَاءَ ذَلِكَ ﴿

﴾ Tout ce qui est au-delà de cela ﴿ i.e : du temps impérieux (arūrī) est considéré comme ﴾ hors de son temps. (qaḍā) ﴿

Ainsi, si les prières du Ẓuhr et du ʿAṣr sont faites après le coucher du soleil elles seront considérées comme accomplies hors de leur temps (qadā). Similairement pour le Maghrib et le ʿIshā après le lever de l’aube (fajr) et pour le Ṣubḥ après le lever du soleil (shuruq).

﴾ وَمَنْ أَخَّرَ الصَّلاةَ حَتَّى خَرَجَ وَقْتُهَا فَعَلَيْهِ ذَنْبٌ عَظِيمٌ إِلا أَنْ يَكُونَ نَاسِيًا أَوْ نَائِمًا ﴿

﴾ Et celui qui retarde la prière au-delà de son temps ﴿ impérieux (arūrī) ﴾ se charge d’un énorme péché ﴿ et sera alors compté parmi ceux de ce verset : Malheur à ceux qui font la prière ; tout en négligeant leur prière ﴿ [S. 107/V.4-5] [12] ﴾ à moins que ce soit à cause d’un oubli ou du sommeil ﴿ ou quelque chose de similaire et on sera alors excusé mais on devra alors rattraper ce qu’on a manqué [13].

Allāh a dit :

 ﴾ Puis leur succédèrent des générations qui délaissèrent la prière et suivirent leurs passions. Ils se trouveront donc en perdition  ﴿ [S. 19/V.59]

La femme qui se purifiera des menstrues ou des lochies dans le temps impérieux (arūrī) des deux prières associées dans leurs temps qui sont le Ẓuhr avec le ʿAṣr et le Maghrib avec le ʿIshā’, les priera toutes les deux ; par contre, elle ne récupérera pas les prières dont le temps est passé, contrairement aux autres personnes qui les auraient manquées.


[1] Voir āshiya d’al-Disūqī sur le « Sharḥ al-kabīr » (Vol. 1, p.175).

[2] D’après Umm Farwa (رضي الله عنها) qui a dit : « Le Prophète (ﷺ) fut interrogé : « Quelle est la meilleure action ? » Il répondit : « La prière au début de son temps. »  » [Rapporté par Tirmidhī, n° 170 et authentifié par Ibn Khuzayma dans son « Ṣaḥīḥ », n°328, par Ibn ibbān, al-Ḥākim et d’autres]

Voir également Ḥāshiya d’al-Disūqī sur « Sharḥ al-kabīr » (Vol. 1, p.176).

[3] D’après Abū Hurayra (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « Celui qui rattrape une unité du Ṣubḥ avant que se lève le soleil aura rattrapé le Ṣubḥ. Et celui qui rattrape une unité du ʿAṣr avant que le soleil ne se couche aura rattrapé le ʿAṣr. » [Rapporté par Muslim, n° 608 a et Bukhārī, n° 579]

[4] D’après ʿAbdallāh ibn ʿAmr (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « Le temps du Ẓuhr débute lorsque le soleil dépasse le méridien (zénith) jusqu’à ce que l’ombre portée d’un homme devienne égale à sa taille et tant que le temps du ʿAṣr n’est pas encore arrivé. Et le temps du ʿAṣr s’étend tant que le soleil n’a pas encore pâli. » [Rapporté par Muslim, n° 612 d]

[5] D’après Abū Hurayra (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « […] Celui qui rattrape une unité du ʿAṣr avant que le soleil ne se couche aura rattrapé le ʿAṣr. » [Rapporté par Muslim, n° 608 a et Bukhārī, n° 579]

[6] D’après Ibn ʿAbbās (رضي الله عنه) : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Jibrīl me présida [en prière] à la Maison [Kaʿbah]. Il pria alors le Ẓuhr la première fois lorsque l’ombre était similaire à la sangle d’une sandale [presque pas d’ombre]. Puis il pria le ʿAṣr lorsque toute chose était équivalente à son ombre. Puis il pria le Maghrib à l’heure où se couche le soleil et où le jeûner rompt. Puis il pria le ʿIshā’ lorsque les lueurs rouges disparurent. Puis il pria le Fajr à l’heure où se lève l’aube (fajr) et où le jeûneur est interdit de manger. La seconde fois, il pria le Ẓuhr lorsque toute chose était équivalente à son ombre, à l’heure du ʿAṣr du jour précédent. Puis il pria le ʿAṣr lorsque l’ombre de toute chose était presque équivalente à son double. Puis il pria le Maghrib à la même heure que la première fois. Puis il pria le ʿIshā’, la « dernière » lorsqu’un tiers de la nuit passa. Puis il pria le Ṣubḥ lorsque la terre brillait (=isfār). Puis Jibrīl se tourna vers moi et dis : « Ô Muḥammad ! Ce sont les temps des prophètes qui t’ont précédé, et l’horaire [de la prière] est ce qui est entre ces deux temps. » » [Rapporté par Tirmidhī, n° 149 qui l’authentifia. L’a aussi rapporté Ahmad, n°3081. Egalement authentifié par Ibn Khuzayma dans son « Ṣaḥīḥ », n°325, par al-Ḥākim, Ibn ʿAbd Al-Barr et d’autres]

[7] D’après ʿAbdallāh ibn ʿAmr (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « […] Le temps de la prière du Maghrib commence quand le soleil s’est couché et s’étend tant que les lueurs rouges n’ont pas disparues. » [Rapporté par Muslim, n° 612 e]

[8] D’après ʿUrwa (رضي الله عنه) : « Il (le Prophète (ﷺ)) la priait (la prière du ʿIshā’) entre la disparition des lueurs rouges et la fin du premier tiers de la nuit. » [Rapporté par Bukhārī, n°569]

D’après ʿA’isha (رضي الله عنها) : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Priez-là (la prière du ʿIshā’) entre la disparition des lueurs rouges et le premier tiers de la nuit. » [Rapporté par al-Nasāī, n°536 et ses hommes sont ceux du Ṣaḥīḥ sauf le Shaykh d’al-Nasāī ʿAmr ibn ʿUtmān qui est véridique]

[9] D’après ʿAbdallāh ibn ʿAmr (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « […] Le temps de la prière du ʿIshā’ se prolonge jusqu’à la moitié de la nuit. » [Rapporté par Muslim, n° 612 e]

[10] D’après ʿAbdallāh ibn ʿAmr (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « […] Le temps du Ṣubḥ s’étend depuis l’aurore (fajr) et s’étend tant que le soleil ne s’est pas encore levé. » [Rapporté par Muslim, n° 612 d]

D’après ʿAbdallāh ibn ʿAmr (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « Le temps de la prière du Fajr se prolonge tant que le disque solaire n’est pas encore apparu » [Rapporté par Muslim, n° 612 e]

D’après Samura ibn Jundab (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « Que l’appel à la prière de Bilāl ne vous induise pas en erreur, ni cette lueur blanchâtre – verticale de l’aube – jusqu’à ce que la lueur se propage dans l’horizon comme cela. » [Rapporté par Muslim, n° 1094 b]

[11] D’après Abū Hurayra (رضي الله عنه) : Le Messager d’Allāh (ﷺ) a dit : « Celui qui rattrape une unité du Ṣubḥ avant que se lève le soleil aura rattrapé le Ṣubḥ.» [Rapporté par Muslim, n° 608 a et Bukhārī, n° 579]

[12] D’après Saʿd ibn Abī Waqqāṣ (رضي الله عنه) qui a dit : « J’ai demandé au Prophète (ﷺ) concernant la parole d’Allāh : Malheur à ceux qui font la prière ; tout en négligeant leur prière ﴿ [S. 107/V.4-5]. Il dit : « Ce sont ceux qui font sortir la prière de son temps. » » [Rapporté par al-Bazzār]

[13] D’après Ibn ʿAbbās (رضي الله عنه) : Le Prophète (ﷺ) a dit : « Allāh a certes pardonné à ma communauté les erreurs, les oublis et ce qu’ils sont contraints de faire. » [Rapporté par Ibn Mājah, n°2045]

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