Fatwâ concernant le “Qunût” [Awqaf – EAU]

Règle concernant le Qunût dans la prière du Subh et sa formulation

Dans notre région il est récité l’invocation du « Qunût » avec la formulation suivante : « Allahumma innâ nastaʿînuka wa nastahdîka wa nastaghfiruka, wa natûbu ilayka, wa nû’minu bika, wa natawakkalu ʿalayka […] » Et cela après s’être relevé de l’inclinaison dans la seconde unité de la prière du Subh. Quel est le fondement à cela ?

Texte de réponse

Numéro de la fatwâ : 3378 ; 22 janvier 2009.

Les louanges sont à Allah, Seigneur des mondes et que la prière et le salut soient sur le meilleur des envoyés, notre maître Muhammad ainsi que sur sa famille et ses compagnons. Pour commencer :

Concernant la question du Qunût dans la prière du Subh, les maîtres Mâlikites ont optés, d’après l’avis prépondérant, pour sa recommandation avant l’inclinaison, à voix basse et dans le Subh uniquement, [c’est-à-dire] en dehors des autres prières. L’imâm, celui qui est dirigé [par un imâm] ou celui qui est seul fera le Qunût à voix basse. Il n’y a aucun inconvénient à lever les mains lors de sa récitation et on la fera après la récitation [du Coran] sans prononcer de takbîr avant celle-ci [i.e : l’invocation du Qunût]. Il est aussi permis de la faire après l’inclinaison également mais le plus appréciable reste de le faire avant l’inclinaison et après le récitation [Du Coran].

Concernant celui qui délaisse l’invocation du Qunût, que ce soit volontairement ou involontairement, il n’y a pas d’inconvénient à cela et s’il se prosterne pour son délaissement, sa prière sera invalidée.

Chez eux [les Mâlikites], l’invocation du Qunût n’est pas associée aux catastrophes. En fait, il est toujours recommandé de la récitée si on peut la faire. Il est parvenu dans le « Mukhtasar » de l’Imâm Khalîl al-Mâlikî (رحمه الله) :

« Et il est apprécié [de faire l’invocation] du Qunût dans le Subh uniquement et avant l’inclinaison » Fin de citation.

Et l’Imâm al-Kharashî al-Mâlikî (رحمه الله) a dit dans son commentaire [du Mukhtasar Khalîl] :

« Et il est apprécié [de faire l’invocation] du Qunût d’après l’avis prépondérant (al-mashhûr) … Et il est également apprécié qu’elle soit faite à voix basse, il est aussi apprécié qu’elle soit faite dans le Subh et non dans le Witr et les autres prières lors des époques difficiles en opposition à ceux qui ont opté pour cela mais si cela arrive, cela n’invalide pas la prière. » Fin de citation

Al-Imâm al-Hattâb al-Mâlikî (رحمه الله) a rapporté dans son « Mawâhib al-Jalîl » d’après al-Jallâb, sa parole :

« Il n’y a pas d’inconvénient à lever les mains dans l’invocation du Qunût » Fin de citation

Il est également recommandé chez les Mâlikites, que la récitation soit faite par la formule de la question. En effet, le Shaykh Muhammad al-‘Illîsh al-Mâlikî (رحمه الله) a dit dans son « Manh al-Jalîl » :

« (Et) il est apprécié (sa formulation) c’est-à-dire le Qunût spécifique … (et elle est) c’est-à-dire la formulation recommandée : Allahumma innâ nastaʿînuka) (jusqu’à la fin) c’est-à-dire : wa nastaghfiruka, wa nū’minu bika, wa natawakkalu ʿalayka, wa nakhnaʿu laka wa nakhlaʿu wa natruku man yakfuruk. Allahumma iyyāka naʿbudu wa laka nusallī wa nasjudu, wa ilayka nasʿā wa nahfidu, narjū rahmataka wa nakhāfu ʿadhābaka, inna ʿadhābaka al-jidda bi-l-kāfirīn mulhiq ». Et il n’y a pas dans le récit de l’Imâm [Mâlik] (رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُ) [les paroles :] wa nuthnâ ‘alayk wa al-khayr kullahu, nashkuruk wa lâ nakfuruk » Fin de citation

Les Shâfi`îtes disent : Le Qunût est Sunnah lors du deuxième redressement dans le Subh, c’est-à-dire après avoir relevé sa tête de l’inclinaison après la deuxième unité, et ils [les shâfi`îtes] n’ont pas limité cela aux catastrophes.

Al-Imâm al-Khatîb al-Shirbînî al-Shâfi‘î (رحمه الله) dans « Mughnî al-Muhtâj » :

« (Et il est Sunnah de [réciter l’invocation] du Qunût dans le deuxième redressement du Subh) après avoir prononcé le redressement … Et al-Mâwardî a dit : « L’invocation du Qunût devient permis si on termine de dire : ‘Sami‘a allâhu liman hamidah rabbanâ laka al-hamd, puis [après avoir dit cela] on fait l’invocation du Qunût. » » Fin de citation

Et pour sa formulation chez eux, elle est comme al-Khatîb al-Shirbînî l’a dit :

« (Et elle est : Allahumma ihdinî fîman hadayt, jusqu’à la fin) et c’est ainsi que c’est dans le texte, et sa suite comme dans le commentaire : ‘wa ‘âfinî fîman ‘âfayt, wa tawalnî fîman tawalayt, wa bârik lî fîmâ a’tayt, wa qinî sharra mâ qadayt, innaka taqdî wa lâ yuqdâ ‘alayk, innahou lâ yudhillu man walayt, tabârakta, rabannâ wa ta‘âlayt liliattibâ‘’. Et al-Hâkim a rapporté dans le Mustadrak d’après Abû Hurayra (رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُ) qu’il a dit : { Le Messager d’Allâh (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ), lorsqu’il levait sa tête de l’inclinaison de la prière du Subh lors de la seconde unité, il levait ses mains et invoquait par cette invocation : « Allahuma ihdinî fîman hadayt } » Fin de citation

Et les maîtres Hanafîtes et Hanbâlites ont opté pour l’avis de ne pas faire l’invocation du Qunût dans la prière du Fajr sauf en cas de catastrophes. Pour plus d’informations, voir la Fatwâ numéro 3260 sur le statut de l’invocation du Qunût lors des catastrophes.

[www.awqaf.ae/Fatwa.aspx?SectionID=9…]

Concernant l’invocation que vous avez mentionné [dans votre question], elle n’est pas rapporté du Messager d’Allâh (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ) de manière marfû‘ [jusqu’au Prophète], mais elle est rapporté de manière mawqûf [jusqu’à un compagnon] de plus d’un compagnon. Elle est rapporté de nôtre maître ‘Umar b. al-Khattâb, nôtre maître ‘Alî b. abî Tâlib, nôtre maître Ibn Mas‘ûd, nôtre maître Ubayy b. Ka‘b ; qu’Allâh les agrées. Et elle est également rapporté d’Al-Hassan al-Basrî de manière maqtû` et de Khalid b. Abî ‘Imrân de manière mursal.

Concernant le hadîth de nôtre maître ‘Umar b. al-Khattâb (رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُ) qui est mawqûf, il est rapporté par ‘Abd al-Razzâq et Ibn Abî Shayba dans leur musannaf et Ibn Nasr dans Qiyâm al-layl et Al-Bayhaqî dans al-Sunnan al-Kubrâ et al-Bayhaqî a authentifié cette narration, d’après la voie de ‘Ubayd b. ‘Umayr d’après ‘Umar b. al-Khattâb, que ce dernier disait dans le Qunût : « Ô Allâh ! Pardonne aux croyants et aux croyantes, aux musulmans et musulmanes [….] »

Et cette narration ne remonte pas jusqu’au Messager d’Allâh (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ) mais elle est authentifiée de certains compagnons qu’Allâh les agrées. Elle fait parti du chapitre des invocations, et la règle concernant cela [les invocations] est que le choix est libre tant que sa base et son sens est authentique.

Le savantissime, le Shaykh Ahmad Zarrûq al-Fâsî al-Mâlikî a dit dans ses « Qawâ‘id » : La Législation estime qu’il est permis de prendre toute invocation (dhikr) dont la base est authentique et le sens accepté. Fin de citation.

Et Allâh le Très-Haut sait mieux.

Conclusion

Les maîtres Mâlikites ont opté d’après l’avis prépondérant pour la recommandation du Qunût dans le Subh uniquement sans compter les autres prières. Cela, avant l’inclinaison et à voix basse. Le meilleur reste avant l’inclinaison après avoir terminé la récitation [du Coran]. Chez eux, ils ne limitent pas le Qunût aux catastrophes; cela est plutôt recommandé tout le temps. Les Shâfi‘îtes ont opté pour sa recommandation dans toutes les prières du Subh.

L’invocation qui est mentionnée dans vôtre question est authentifiée de plusieurs compagnons (رضي الله عنهم) et c’est l’invocation sur laquelle les maîtres Mâlikites et d’autres se sont mit d’accord dans le Qunût.

Et Allâh sait mieux.

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