Fatwâ : Est-ils permis aux non-musulmans de vendre du vin et du porc ? [Ibn ʿAbd al-Barr]

Abū ʿUmar Yūsuf ibn ʿAbd Allāh Ibn ʿAbd al-Barr al-Qurṭubī écrit dans « al-Kāfī fī fiqh ahl al-madīna » (p.481; Édition : Riyad, 1978) :

“Il ne faut pas les (non-musulmans) empêcher de vendre du porc ou du vin aux dhimmites. Cependant, il sera prélevé un dixième du prix de l’ensemble. Rien ne leur sera demandé à l’exception du dixième susmentionné. Par contre, il faut leur interdire d’acheter tout ce qui représente une menace pour les musulmans tels les armes, les chevaux et leur selles, le naphte (qui s’apparente au pétrole aujourd’hui) et le métal qui servent à confectionner des armes ainsi que tout ce qui entre, d’une manière ou d’une autre, dans la constitution des préparatifs de guerre (…) Quant au vin et au porc, il ne faut pas les empêcher d’en acheter.”

ولا يعرض لهم في بيع الخنزير والخمر من أهل الذمة ويؤخذ منهم عشر ثمن ذلك كله ولا يعرض لهم في شيء سوى العشر المذكور ويمنعون من شراء كل شيء فيه قوة لهم على المسلمين من السلاح والخيل والسروج والنفط والحديد الذي يعمل منه السلاح وكل ما كان عدة من عدد الحرب (…) وأما الخمر والخنزير فلا يمنعون من شرائها

  • Résumé et contexte
Dans un chapitre réservé aux non-musulmans provenant d’un pays belligérant, le juriste Ibn ʿAbd al-Barr (m. 1071) conçoit que ces derniers puissent jouir d’une liberté restreinte de commerce en terre d’Islam. En effet, dès lors, explique-t-il, qu’ils sont en possession d’un « sauf-conduit » (amān), ils peuvent s’adonner librement à toute activité de commerce qui ne constitue aucune menace pour la sûreté du territoire islamique. Néanmoins, ces commerçants seront taxés à la hauteur d’un dixième (‘ushr) du prix de vente des marchandises, même s’il s’agit de la vente de vin ou de porc.


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