Fatwâ sur l’empoignement durant la prière [‘Illîsh]

Concernant l’empoignement des mains durant la prière

Muḥammad ibn Aḥmad ibn Muḥammad ‘Illīsh aussi prononcé ‘Ullaysh (1217 – 1299 AH) (محمد بن أحمد عليش), plus communément appelé ‘Illīsh ou Shaykh ‘Illīsh dans les ouvrages, fut un juriste Égyptien du 13ème siècle après l’Hégire.

Il fut un savant très important dans l’école Malikite. Il est d’ailleurs peut-être le dernier de la lignée des savants d’Al-Azhar qui sont des références majeures dans la fatwa dans l’école Malikite tardive. En Juillet 1854 J-C il fut désigné le Muftī Malikite d’al-Azhar. Il fut un des leaders des savants d’Egypte. Son « Manḥ al-Jalīl » ainsi que ses fatwas sont largement utilisés aujourd’hui pour émettre des fatwas selon l’école.


 Extrait de « Fatḥ al-‘alī al-mālik fī al-fatawā ‘alā madhab al-imām mālik » (1/125-126) :

[Source : shamela.ws/browse.php/book-21688]

QUESTION

« Quel est votre avis concernant le fait de faire le Qabḍ [mettre la main droite sur la main gauche] des mains lors de la prière obligatoire ? Est-ce réprouvé de façon absolue ou bien seulement dans le cas où l’on n’a pas l’intention de suivre la Sunna ?

TEXTE DE RÉPONSE

J’ai répondu ce qui suit : Les louanges sont à Allâh et que la prière et le salut soient sur notre maître Muhammad l’Envoyé d’Allâh.

La transmission d’Ibn al-Qāsim [1] de la Mudawwanah [2] d’après [l’imâmMālik — qui est préférée aux autres — est que cela est réprouvé de façon absolue, pour avoir été abrogé. Il s’est limité à cela dans le Mukhtaṣar [Khalīl] et c’est ce qu’a privilégié Ibn ‘Arafah [3] et cela montre que c’est sur cela qu’ils se sont basés.

Le texte de la Mudawwanah stipule que Mālik a réprouvé de mettre la main droite sur la main gauche dans la prière obligatoire et qu’il a dit : « Je n’ai pas connaissance de cela dans la prière obligatoire. » Fin de citation.

Le sens de sa parole (رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ) « Je n’ai pas connaissance de cela, etc. » est :

« Je n’ai pas connaissance que cela était pratiqué chez les compagnons, ceux qui les ont suivi (tābi‘ūn) et ceux qui ont suivis ceux-ci (atbā‘ al-tābi‘īn) dans la prière obligatoire et ce dont j’ai connaissance est que leur pratique lors de celle-ci n’était que le Sadl [relâcher les mains le long du corps]. »

L’Imâm Mālik a rapporté le ḥadīth du Qabḍ lors de celle-ci [la prière obligatoire] dans son Muwaṭṭā’ et c’est de lui que l’ont reçu les deux Shaykh [4]. Il n’est donc pas possible de dire que le ḥadîth ne lui est pas parvenu ni de dire qu’il l’a délaissé par pur suivisme de ses passions à cause du consensus (ijmā‘) des tābi‘ūn, qui font partie des meilleurs générations, sur le fait qu’il [Mālik] est préservé de cela (رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُ) et qui lui ont appliqué le ḥadīth du savant d’al-Madīnah [5] et le consensus de ceux qui ont suivi ces derniers (atbā‘ al-tābi‘īn) de la même façon ainsi que ceux qui sont venus après eux et cela jusqu’à notre époque.

On ne peut donc que conclure qu’il s’est avéré pour lui qu’il a été abrogé, à cause de la pratique du Sadl par les compagnons, ceux qui les ont suivis (tābi‘ūn) et ceux qui ont suivis ces derniers (atbā‘ al-tābi‘īn) car il n’est pas possible qu’ils aient ignoré la dernière chose qu’a pratiquée le Prophète (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ) ni qu’ils s’y opposent.

Dès lors, il n’y a donc pas de problème dans le fait que le Qabḍ soit réprouvé dans la prière obligatoire, qui est ce qu’a rapporté Ibn al-Qāsim de Mālik dans la Mudawwanah, ni dans sa parole « Je n’ai pas connaissance de cela » alors que le ḥadīth qui l’évoque dans celle-ci est saḥīḥ et qu’il a été rapporté dans le Muwaṭṭā’.

Et il n’y a pas besoin des interprétations et des réponses saugrenues des commentateurs de la Mudawwanah et apparaît donc infondé l’avis d’un groupe de commentateurs du Mukhtaṣar disant que la réprobation concerne seulement le cas où l’on cherche à s’appuyer et que si l’on veut par cela suivre l’Envoyé d’Allāh (صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ) ce ne sera alors pas réprouvé. Et cela, même si al-‘Adawī les a suivis sur ce sujet et qu’il — c’est-à-dire Al-’Amīr — s’est limité à évoquer cet avis dans le Majmū‘.

Et Allāh (سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى) est plus savant. Que la prière d’Allāh et Son salut soient sur notre maître Muḥammad et sur sa famille. » Fin de citation.


[1] Disciple de l’Imām Mālik mort en 191 H.  ‘Abdullāh b. Wahb a dit : « Que celui qui souhaite connaître la pensée de Mālik se réfère à Ibn al-Qāsim, car il est le seul à la posséder. « 

[2] Ouvrage de Saḥnūn, disciple d’Ibn al-Qāsim répertoriant par le biais de ce dernier les réponses juridiques de l’Imām Mālik.

[3] Savant tunisien appartenant à l’école Mālikite ayant atteint le grade d’effort d’interprétation (ijtihād). Mort en 803 H.

[4] Bukhārī et Muslim.

[5] D’après Abū Hurayra (رضي الله عنه) qui rapporte que le Prophète (ﷺ) a dit :

« Arrivera le jour où les gens essouffleront leurs montures en quête de sciences et ne trouveront pas plus savant que le savant de Médine. » [Tirmidhī, n°2680 qui juge ce ḥadīth de bon]


مَسَائِلُ الصَّلَاةِ (مَا قَوْلُكُمْ) فِي قَبْضِ الْيَدَيْنِ فِي الْفَرْضِ هَلْ مَكْرُوهٌ مُطْلَقًا أَوْ مَا لَمْ يَقْصِدْ السُّنِّيَّةَ.

فَأَجَبْت بِمَا نَصُّهُ: الْحَمْدُ لِلَّهِ وَالصَّلَاةُ وَالسَّلَامُ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ رَسُولِ اللَّهِ رِوَايَةُ ابْنِ الْقَاسِمِ فِي الْمُدَوَّنَةِ عَنْ مَالِكٍ الْمُقَدَّمَةُ عَلَى غَيْرِهَا كَرَاهَتُهُ فِيهِ مُطْلَقًا لِكَوْنِهِ مَنْسُوخًا وَاقْتَصَرَ عَلَيْهَا فِي الْمُخْتَصَرِ وَصَدَّرَ بِهَا ابْنُ عَرَفَةَ وَهَذَا يُفِيدُ اعْتِمَادَهُمَا لَهَا وَنَصُّ الْمُدَوَّنَةِ كَرِهَ مَالِكٌ وَضْعَ الْيَدِ الْيُمْنَى عَلَى الْيُسْرَى فِي الْفَرِيضَةِ وَقَالَ لَا أَعْرِفُهُ فِي الْفَرِيضَةِ اهـ. وَمَعْنَى قَوْلِهِ – رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ – لَا أَعْرِفُهُ. . . إلَخْ لَا أَعْرِفُ جَرَيَانَ الْعَمَلِ بِهِ مِنْ الصَّحَابَةِ وَالتَّابِعِينَ وَأَتْبَاعِ التَّابِعِينَ فِي الْفَرِيضَةِ وَاَلَّذِي أَعْرِفُ جَرَيَانَ عَمَلِهِمْ بِهِ فِيهَا إنَّمَا هُوَ السَّدْلُ. وَقَدْ خَرَّجَ الْإِمَامُ حَدِيثَ الْقَبْضِ فِيهَا فِي مُوَطِّئِهِ وَمِنْهُ تَلَقَّاهُ الشَّيْخَانِ فَلَا جَائِزَ أَنْ يُقَالَ إنَّهُ لَمْ يَبْلُغْهُ وَلَا أَنْ يُقَالَ عَدَلَ عَنْهُ لِمُجَرَّدِ هَوَى نَفْسِهِ لِانْعِقَادِ الْإِجْمَاعِ عَلَى تَنَزُّهِهِ – رَضِيَ اللَّهُ تَعَالَى عَنْهُ – عَنْ ذَلِكَ مِنْ التَّابِعِينَ الَّذِينَ هُمْ مِنْ خَيْرِ الْقُرُونِ وَحَمْلِهِمْ حَدِيثِ عَالَمِ الْمَدِينَةِ عَلَيْهِ وَمِنْ أَتْبَاعِ التَّابِعِينَ كَذَلِكَ وَمِمَّنْ بَعْدَهُمْ إلَى هَذَا الْحِينِ فَلَمْ يَبْقَ إلَّا أَنَّهُ ثَبَتَ عِنْدَهُ نَسْخُهُ بِعَمَلِ الصَّحَابَةِ وَالتَّابِعِينَ وَأَتْبَاعِ التَّابِعِينَ بِالسَّدْلِ إذْ لَا يُمْكِنُ جَهْلُهُمْ آخِرَ أَمْرَيْ النَّبِيِّ – صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – وَلَا مُخَالَفَتُهُمْ لَهُ وَحِينَئِذٍ فَلَا إشْكَالَ فِي كَرَاهَةِ الْقَبْضِ فِي الْفَرْضِ الَّتِي رَوَاهَا ابْنُ الْقَاسِمِ عَنْ مَالِكٍ فِي الْمُدَوَّنَةِ وَلَا فِي قَوْلِهِ لَا أَعْرِفُهُ مَعَ صِحَّةِ الْحَدِيثِ بِهِ فِيهَا وَتَخْرِيجِهِ فِي الْمُوَطَّأِ وَلَا حَاجَةَ إلَى التَّأْوِيلَاتِ وَالْأَجْوِبَةِ الَّتِي تَكَلَّفَهَا شُرَّاحُ الْمُدَوَّنَةِ وَلَا يُظْهِرُ قَوْلَ جَمَاعَةٍ مِنْ شُرَّاحِ الْمُخْتَصَرِ مَحَلَّ الْكَرَاهَةِ إنْ قُصِدَ بِهِ الِاسْتِنَادُ فَإِنْ قُصِدَ بِهِ الِاقْتِدَاءُ بِرَسُولِ اللَّهِ – صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ – فَلَا يُكْرَهُ وَإِنْ تَبِعَهُمْ الْعَدَوِيُّ وَاقْتَصَرَ عَلَيْهِ فِي الْمَجْمُوعِ وَاَللَّهُ – سُبْحَانَهُ وَتَعَالَى – أَعْلَمُ، وَصَلَّى اللَّهُ عَلَى سَيِّدِنَا مُحَمَّدٍ وَآلِهِ وَسَلَّمَ.


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