Fatwâ sur l’Imâmah de la femme [AWQAF – EAU]

L’Imâma d’une femme pour des femmes

L’imâmah de la femme pour des femmes est-il valable ? Si tel est le cas, quelle est la preuve ? Et  quand est-il des quatre écoles ?

Texte de réponse

Numéro de la fatwâ : 3966 ; 13 mars 2009.

Les louanges sont à Allâh, Seigneur des mondes et que la prière et le salut soient sur le meilleur des envoyés, notre maître Muhammad ainsi que sur sa famille et ses compagnons. Pour commencer :

Les savants — qu’Allâh leur fasse miséricorde — divergent en trois positions concernant l’imâmah de la femme pour des femmes :

La première : Il ne lui est pas permis de présider dans la [prière] obligatoire et surérogatoire et c’est l’opinion mâlikite. Mâlik a dit comme il est transcris dans « al-Mudawwanah » : « La femme ne dirige pas. ».

Al-Imâm al-Kharashî dans son commentaire du « Mukhtasar Khalîl » : « L’Imâma de la femme n’est pas valable que ceux dirigés soient des hommes ou des femmes et cela dans la [prière] obligatoire ou surérogatoire » On fait exception de celle qui a prié : sa prière a elle [uniquement] est valable même si elle a eu l’intention d’être imâm. Quant à celles qui l’ont suivi, elles doivent refaire [la prière] selon [l’avis de] l’école. Et dans un avis rapporté par al-‘Adawî d’après Abî Ibrâhîm al-Andalusî elles referont la prière dans le temps simplement. Et dans un avis d’après Ibn Ayman elle [i.e.: la femme] peut présider des femmes [mais ces deux avis sont contraire à l’avis prépondérant].

La deuxième : La recommandation concernant la femme pour faire imâm dans [la prière] obligatoire et surérogatoire et c’est l’opinion des Shâfi‘ites et un avis des Hanbalites.

Ils se basent sur des preuves comme le hadîth qui a été rapporté par Abû Dâwud d’après Umm Waraqah bint Nawfal al-Ansâriyyah (رضي الله عنها) . Le Messager d’Allâh (صلى الله عليه وسلم) la visitait, l’avait surnommé martyr, elle avait appris le Coran entièrement et présidait les gens de sa maison et il [le Prophète] lui avait assigné un muezzin qui appelait pour elle. Et dans le hadîth de Raytah al-Hanafiyyah qui a dit : « `Â’ishah nous présida, elle se mit entre nous dans la prière prescrite. » Et dans le hadîth de Hujayrah qui a dit : « Umm Salamah nous présida dans la prière du `Asr, et se plaça entre nous. » Al-Darâqutnî et al-Bayhaqî l’ont rapporté et al-Imâm al-Nawawî a dit que ces deux chaînes de transmission étaient authentiques.

La troisième : La répréhension de ceci tout en étant valide et c’est l’avis de l’école Hanafîte et un avis chez les Hanbalites.

Al-Imâm Ibn Qudâmah al-Hanbalî a dit dans « al-Mugnî » :

« Les versions [rapportées] de l’Imâm Ahmad divergent à savoir s’il est recommandé pour une femme de prier en groupe avec des femmes ? Il a été rapporté que cela est recommandé et parmi ceux dont on rapporte que la femme préside les femmes : `Â’ishah, Umm Salamah, `Atâ’, al-Thawrî, al-Awzâ`î, Ishâq et Abû Thawr.

On rapporte qu’Ahmad (رحمه الله) que cela n’est pas recommandé. Les adeptes de la raison c’est-à-dire les hanafites et que si elle le fait cela est valable. Al-Sha`bî, al-Nakha`î et Qatâdah le permettent dans celle volontaire mais pas celle prescrite.

Al-Hassan et Sulaymân ibn Yasâr : Elle ne dirige pas que ce soit dans l’obligatoire ou la surérogatoire. Et Mâlik a a dit : Il n’est pas permis à la femme de diriger quiconque. »

Conclusion

L’imâmah de la femme pour des femmes n’est pas valide pour l’Imâm Mâlik et la majorité (al-jumhûr) l’a permis. Certains l’ont restreint à la prière surérogatoire hormi celle obligatoire. Et Allâh sait mieux.

 

 

Publicités