Les preuves de l’École Mâlikite

Ses preuves sont 18 :

Le Coran, auquel s’attache 5 fondements :

  1. Son énoncé (nass)
  2. Le caractère général (‘umûm) de sa formulation (zâhir)
  3. La déduction du contraire comme corollaire (dalîluh mafhum al-mukhâlafa)
  4. Sa compréhension a fortiori (al-mahfum bi’l-awla)
  5. La prise en compte du motif (al-tanbîh ‘alā al-‘illa)

La Sunnah à laquelle s’attache 5 fondements similaires :

  1. Son énoncé (nass)
  2. Le caractère général (‘umûmde sa formulation (zâhir)
  3. La déduction du contraire comme corollaire (dalîluh mafhum al-mukhâlafa)
  4. Sa compréhension a fortiori (al-mahfum bi’l-awla)
  5. La prise en compte du motif (al-tanbîh ‘alā al-‘illa)

Et les 8 autres découlant indirectement du Coran et de la Sunnah :

  1. Le consensus (ijmâ‘)
  2. Le rapprochement analogique (qiyâs)
  3. L’unanimité des gens de Médine
  4. L’avis du Compagnon du Prophète
  5. La primauté (istihsân)
  6. La prévention du risque de voie préjudiciable (sadd al-dharâï`)
  7. La prise en compte de l’avis juridique divergent (mourâ`ât al-khilâf)
  8. L’application de l’intérêt général en conformité avec la Loi (al-maçâlih al-moursala)

Définitions :

  • l’Énoncé (nass) : L’énoncé est ce qui est porté, dans son explication, à ses fins ultimes. Ou bien, il se définit par : des termes qui expriment une signification, à l’exclusion de toute autre.
  • Le caractère général (‘umûm) : C’est ce qui s’applique à tout ce que les termes englobent.
  • La déduction du contraire (mafhum al-mukhâlafa) : C’est la limitation de la règle exprimée à ce qu’elle concerne et la déduction d’une règle opposée pour ce qui a été passé sous silence.
  • La compréhension a fortiori (al-mahfum bi al-awla) : Le fait de savoir que ce qui a été passé sous silence s’applique plus à la règle que ce qui a été exprimé dans celle-ci. On l’appelle aussi la finalité du discours.
  • La prise en compte du motif (al-tanbîh ‘ala al-‘illa) : C’est de rattacher un cas à une règle juridique, sachant que si les caractères de ce cas ne s’intégraient pas au motif de cette règle, le rattachement serait blâmé par qui comprend aisément les objectifs du discours, du fait qu’il ne cadrerait pas alors avec ce qui est éloquent.
  • Le consensus (ijmâ‘) : C’est l’accord des grands jurisconsultes de la Communauté des croyants (umma), après la mort du Prophète Muhammad (), à une époque donnée, sur n’importe quelle question.
  • Le rapprochement analogique (qiyâs) : C’est imputer ce qui est connu à ce qui est connu, en raison de sa similitude avec lui pour ce qui est du motif de la règle juridique, au regard de celui qui l’a imputé.Il peut se définir de même par l’imputation d’un des deux facteurs connus à l’autre, pour confirmer ou infirmer un caractère juridique, du fait d’une relation commune entre les deux.
  • L’unanimité des gens de Médine :  C’est l’accord des grands jurisconsultes de Médine, à une époque donnée, sur n’importe quelle question. Elle prend deux formes :

– Ce dont on parvient par ce qui a été transmis et rapporté du Prophète  ();

– Ce dont on parvient par référence aux sources et suite à l’effort d’interprétation.

  • L’avis du Compagnon du Prophète () : C’est ce qui nous a été transmis d’un Compagnon du Prophète () et a été attesté, comme avis ou décision sur une question juridique pour laquelle il n’y a pas de référence énoncée dans le Coran ou la Sunna, ni d’unanimité (ijmâ‘) établie.
  • La primauté (istihsân) : C’est de prendre en compte, parmi deux références, la plus concluante
  • La prévention du risque de voie préjudiciable (sadd al-dharâ’ï‘) : Cela signifie de faire obstacle à ce qui peut constituer un moyen conduisant au préjudice, pour prévenir celui-ci.
  • La prise en compte de l’avis juridique divergent (murâ‘ât al-khilâf) : C’est appliquer une référence à ce à quoi elle se rapporte nécessairement, sachant que pour une question opposée, une autre référence a été appliquée. On peut aussi la définir par l’application par le grand jurisconsulte de la référence de qui s’oppose à lui dans son avis.
  • L’application de l’intérêt général en conformité avec la Loi (al-masâlih al-mursala) : Il s’agit de la solution adéquate dont on ignore la prise en compte par la Loi, du fait qu’il n’y ait pas de source de référence dans celle-ci indiquant sa prise en compte ou sa suppression.
Publicités