Terminologies Malikite

Extrait d’« Al-Madkhal al-wajīz fī iṣtilāḥat maddhab al-sādat al-mālikiyyah » (L’introduction concise concernant les terminologies de l’école des maîtres mālikites) du Shaykh Ibrāhīm al-Mukhtār al-Jabrutī al-Zaylā‘ī :

Le Livre (al-kitâb)

Lorsque le terme « le livre » (al-kitāb) est employé, on entend par là [le livre] « Al-Mudawwana [al-kubrā] » [de Saḥnūn] pour faire prévaloir sa supériorité [sur les autres livres de jurisprudence] tout comme la Communauté (al-ummah) désigne le Coran [par ce terme]. Les grammairiens entendent le livre de Sībawayh et les Hanafītes le livre d’al-Qudūrī.

Les [sources] Mères (al-ummahât) sont quatre

  1. « Al-Mudawwana [al-kubrā] » de Saḥnūn. Il fait parti des ouvrages les plus important de l’école et sur lequel on se base le plus. Il contient 30200 questions [juridiques] (masālah) comme l’a rapporté al-Balīdī d’après al-Māzirī dans « Taklīl al-Durar ».
  2. « Al-Mustakhrajah » de Muḥammad b. Aḥmad al-‘Utbī al-Andalusī. Il est également connu par le nom « Al-‘Utbiyyah ». La plupart de ce qu’elle contient sont des transmissions (riwāyāt) présentées et des questions (masā’il) étranges (gharībah) ou marginales (shādhah). Malgré cela, elle eu une forte importance auprès des savants Malikites à l’instar d’Ibn Rushd et d’autres comme il est mentionné dans « Nafḥ al-Ṭīb »
  3. « Al-Mawāziyyah » de Muḥammad b. Ibrāhīm al-Iskandarī plus connu sous le nom de Ibn al-Mawāz. C’est [le livre] le plus prestigieux écrit par les Malikites, le plus correct concernant les questions [juridiques] et le plus simplifié concernant la rédaction et l’assimilation. Al-Qābissī lui a donné prévalence sur le reste des [sources] mères (al-ummahāt) et a dit : »Son auteur a voulu construire les branches (furū‘) des compagnons de l’école [Mālikite] se basant sur leurs principes (uṣūl) lors de sa rédaction. Les autres [auteurs] ont plutôt cherché à rassembler les transmissions (riwāyāt) et transmettre les textes (nuṣū) des auditions (al-samā‘āt). Certains parmi eux transmirent les [avis] préférés (al-ikhtiyārāt) dans les commentaires qu’ils fournirent et des réponses à des questions (masā’il) qui leurs furent posées. D’autres, n’ont fait que défendre un avis lors de divergence excepté Ibn abīb qui chercha à bâtir l’école sur des compréhensions auxquelles il parvint et dans ce livre, il y a une partie où il discute d’al-Shāfi‘ī et des gens de l’Irak.
  4. « Al-Wāiah » dans les Sunnan et la jurisprudence (fiqh) de ‘Abd al-Malik ibn abīb al-Sulamī.

Les Registres (al-dawâwîn)

On les appelle aussi les sept registres :

  • Les quatre précédents
  • « Al-Mukhtaliṭah » d’Ibn al-Qāssim
  • « Al-Mabsūṭah » du Qāī Ismā‘īl
  • « Al-Majmū‘āh » d’Ibn ‘Abdūs  mais il est mort avant de finir cet ouvrage

On tolère de les compter comme sept car « AlMudawwana » et « Al-Mukhtaliṭah » sont une même chose.

Les Sept Juristes (al-fuqahā’ al-sab‘ah)

Ceux voulu par les Sept Juristes sont :

  • Saîd b. al-Musayyib
  • Urwah b. al-Zubayr
  • Al-Qāssim b. Muḥammad b. Abī Bakr al-Ṣiddīq
  • Khārijah b. Zayd b. Thābit
  • Ubaydullah b. Abdullāh b.Utbah b. Masūd
  • Sulaymān Ibn Yassār

On a divergé sur le 7ème, on a dit que c’était Abū Salamah b.Abd al-Raḥmān Ibn Awf, on a dit aussi que c’était Sālim b. ‘Abdillāh, ou encore Abū Bakr b.Abd al-Raḥmān.

Les Abdullâh (al- ‘abâdilah)

On entend par « Les ‘Abdullāh » (al-‘abādilah) les quatre [compagnons] :

  •  ‘Abdullāh b. al-Zubayr
  •  ‘Abdullāh b. ‘Amr b. al-‘Āṣṣ
  •  ‘Abdullāh b. ‘Umar b. al-Khaṭṭab
  •  ‘Abdullāh b. ‘Abbās

Le fait d’ajouter ‘Abdullāh b. Masūd à cette liste est considéré comme une confusion par les non Hanafites, car chez les Hanafites Ibn Masūd fait partie des ‘Abdullāh (al- ‘abādilah).

Les Médinois (al-madaniyyûn)

Ce sont les Médinois parmi les suiveurs de Mālik et on désigne par là :

  • Ibn Kinānah
  • Ibn al-Mājishūn
  • Muṭṭarif
  • Ibn Nāfi
  • Ibn Maslamah et leurs semblables.

Les Égyptiens (al-misriyyûn)

On désigne par là :

  • Ibn al-Qāssim
  • Ashhab
  • Ibn Wahb
  • Aṣbagh b. al-Faraj
  • Ibn Abd al-Ḥakam et leurs semblables.

Les Irakiens (al-‘iraqiyyûn)

On désigne par là :

  • al-Qāī Ismā‘īl b. Ishāq
  • al-Qāī Abū al-Ḥussayn b. al-Qaṣṣār
  • Ibn al-Jillāb
  • al-Qāī ‘Abd al-Wahhāb
  • al-Qāī Abū al-Faraj
  • Shaykh Abū Bakr al-Abharī et leurs semblables.

Les Maghrébins (al-maghâribah)

On désigne par là :

  • Shaykh Ibn Abī Zayd
  • Ibn al-Qābissī
  • Ibn al-Labād
  • Al-Bājī
  • Al-Lakhmī
  • Ibn Muḥrī
  • Ibn ‘Abd al-Barr
  • Ibn Rushd
  • ī Abū Bakr b. al-‘Arabī
  • ī Sind
  • Al-Makhzūmī
  • Ibn Shiblūn
  • Ibn Sha‘bān

Si les Égyptiens et les Médinois divergent :

Ce sont les Égyptiens sont privilégiés la plupart du temps.

Si les Maghrébins et les Irakiens divergent :

Ce sont les Maghrébins qui sont privilégiés, et c’est à cela qu’a fait allusion al-Nābighah al-Shanqīṭī dans la « alīḥah » en disant :

Al-Ujhūrī a dit :

« La primauté des Égyptiens sur les autres est évidente car ils sont les érudits de l’école. En effet, il y a parmi eux Ibn Wahb et sa valeur est connue, aussi Ibn al-Qāssim et Ashhab. De même, les Médinois ont la primauté sur les Maghrébins, car il y a parmi eux les deux frères. Quant à la primauté des Maghrébins sur les Irakiens ceci est également flagrant car il y a les deux Shaykh. » Al-Ḥaṭṭāb et al-Kharashī dans la Ḥāshiyah d’al-‘Adawī.

Les Deux Jumeaux (al-qarinân)

Les Deux Jumeaux (al-qarinān) [sont] :

  • Ashhab
  • Ibn Nāfi

Ashhab Ibn Nāfi sont équivalent malgré la cécité de ce dernier comme l’a mentionné al-‘Adawī. Ceux qui nous ont précédés (al-mutaqaddimūn) employaient le terme « Les Deux Jumeaux » (al-qarinān) pour l’Imām Mālik et l’Imām Ibn ‘Uyaynah, citant en ce sens les propos de l’Imām al-Shāfiī :

« Mālik et Ibn ‘Uyaynah, « Les Deux Jumeaux » (al-qarinān), si ce n’est eux deux, toute la science du ijāz serait perdue. » Cela est mentionné par al-Dahlawī dans l’introduction d’ « Al-Musawwa sharḥ aḥādīth al-Muwaṭṭā« .

Les Deux Frères (al-akhawân)

Les deux frères (al-akhawān) sont :

  • Muṭṭarif
  • Ibn al-Mājishūn

Ils ont été appelés ainsi en raison de leurs nombreux accord juridique.

Les Deux Juges (al-qâdîyân)

Il s’agit :

  • Ibn al-Qaṣṣār
  • ‘Abd al-Wahhāb

Les Deux Muhammad (al-muhammadân)

Il s’agit :

  • Ibn al-Mawāz
  • Ibn Saḥnūn

Pour Ibn Arafah, il s’agit d’al-Mawāz et d’Ibn Abd al-Ḥakam.

S’il est dit « Muḥammad » alors c’est Ibn al-Mawāz qui est voulu. ‘Adawī sur al-Kharashī dans son sharḥ khubah khalīl.

Les Muhammad (al-muhammadûn)

Les quatre Muhammad sont ceux ayant vécu à la même époque suivant l’école de Mâlik.

Deux sont de Kairouan :

  • Ibn ‘Abdūs
  • Ibn Saḥnūn

Deux sont d’Égypte :

  • Ibn Abd al-Ḥakam
  • Ibn al-Mawāz

L’Imâm

Il s’agit d’Al-Māzirī dans la jurisprudence (fiqh). Concernant les livres d’exégèse [Coranique] (tafsīr), des Principes (uṣūl) et de Théologie (kalām) en général il est voulu l’Imām Fakhr al-Dīn al-Rāzī le Shāfiīte. Dans la jurisprudence (fiqh) Shāfiīte, c’est l’Imām al-aramayn [qui est voulu].

Le Shaykh

Il est utilisé pour désigner Ibn Abī Zayd et dans la discipline de la logique, il est voulu Ibn Sinā.

Les Deux Siciliens (al-siqiliyân)

Les Deux Siciliens (al-ṣiqiliyān) sont :

  • Ibn Yūnus
  • ‘Abd al-aqq

Adawī sur al-Kharashī dans son sharḥ khubah khalīl.

Les Deux Shaykhs (al-shaykhân)

Il s’agit :

  • Abū Muḥammad Abdullāh Ibn Abī Zayd
  • Abū al-assan Alī al-Qābissī

Cela est mentionné par le Shaykh al-Dardīr dans son « Sharḥ al-kabīr ».

Les transmissions et les avis (al-riwâyât wa al-aqwâl)

Les transmissions (riwāyāt)

La règle de Khalīl et des autres en général est qu’ils entendent par « les transmissions » (riwāyāt) les paroles et avis de l’Imām Mālik.

Pour « les avis » (aqwāl) : [Ils entendent] par là les avis de ses compagnons (à l’Imām Mālik) et ceux qui les ont suivi parmi les tardifs comme Ibn Rushd et ses semblables.

L’Entente, le Consensus et la Majorité (al-ittifâq wa al-ijmâ‘ wa al-jumhûr)

On entend par :

  • L’Entente (al-ittifāq) : L’entente des savants de l’École.
  • Le Consensus (al-ijmā‘) : Le consensus des savants.
  • La Majorité (al-jumhūr) : Les quatre Imāms.

L’École (al-madhhab)

Chez les tardifs parmi les Imāms des écoles juridiques on entend par l’« école » (madhhab) ce sur quoi s’est fixée la réponse juridique (fatwā) […] .

Le sens de « Son École » (madhhabihi)

Ce qui est voulu par « son école » (madhhabihi) est ce que l’Imām Mālik a dit, lui et ses compagnons selon sa méthodologie et qui lui a été attribué comme école car basé sur ses règles et principes sur lesquels il a fondé son école.

Et il n’est pas voulu [par cela] les avis qu’il a eu seul en dehors des gens de Médine.

Ceci est mentionné par al-‘Adawī sur al-Kharashī lors des paroles de l’auteur : « Condensé basé sur l’école de l’Imām Mālik ».

La méthodologie et la méthode (al-tarîqah wa al-tariq)

« La méthodologie » (al-arīqah) : C’est une allusion au Shaykh ou bien les Shuyukh rapportant l’école en son entièreté sur ce qu’ils ont transmis.

Et « La méthode » (al-arīq) : C’est une allusion à la divergence des Shuyukh sur la transmission de l’école.

Peut-on dire d’une variante parmi d’autres que c’est l’école de Malik ?

Ibn Arafah a été interrogé : « Est-il permis de dire à propos d’une méthodologie (arīq) parmi les méthodologies (ṭuruq) que ceci est l’école de Mālik ? »

Il répondit : « Il est permis de dire cela pour celui qui a une connaissance des règles (qawā‘id) de l’école, des avis prépondérants (mashhūr), qui sait donner la prévalence (tarjī) [entre les avis] et qui connait [comment s’effectue] l’analogie (qiyās) ; après qu’il ai fait son possible et passé en revu les règles (qawā‘id) de l’école. Mais celui qui ne possède pas cela, il ne lui est pas permis de le faire à moins qu’il attribut l’avis à quelqu’un qui l’a précédé, comme Al-Māzirī, Ibn Rushd ou un autre. » « Ḥaṭṭāb »

Les Contemporains (muta’akhirûn) et les Anciens (mutaqaddimûn

Les générations des contemporains (al-muta’akhirīn) dans la terminologie de l’école commence avec Ibn Abī Zayd puis ceux qui s’en sont suivi. Les Anciens (al-mutaqaddimūn) ce sont ceux avant ce dernier. [Voir : ] « Disūqī sur al-Sharḥ al-Kabīr »

LES AVIS :

  • « Le plus Apparent » (al-aẓhar)

Il laisse entendre que l’avis qui lui fait face est indiqué également, car la précision de « le plus » implique une préférence et une primauté.

  • « Le Prépondérant » (al-mashhūr)

L’avis prépondérant fait face à l’avis étrange (gharīb).

  •  » L’Authentique » (al-ṣaḥī)

Il fait face à l’avis faible (al-a‘īf).

  • « Le plus Authentique » (al-aṣṣaḥ)

Il laisse entendre que l’avis qui lui fait face est authentique car la précision « le plus » implique une préférence et une primauté.

Ceci est mentionné par le Shaykh al-‘Adawī sur al-Kharashī sur Khalīl.


 

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